31.10.2007
Il était une fois ... ou sorcière à deux voix
Un soir d'Halloween sans histoire de sorcière c'est comme un hiver sans neige...
Il était une fois une sorcière sans voix. L'histoire dit que c'est une autre sorcière qui lui avait volé. Mais vous savez ce que disent les histoires n'est pas toujours bon à croire.
Je disais donc, il était une fois, une sorcière sans voix. Son coeur était plein de la joie de chaque battement mais elle n'arrivait plus à l'exprimer. Les sensations, les émotions, les frissons, les larmes, les vibrations, tout cela s'accumulait sous la peau de la sorcière. On pouvait voir qu'elle avait changé ces derniers mois. Le changement était subtil, à peine perceptible. Certains disaient "une sorte de transparence" d'autre disait qu'elle commencait à ressembler à un silence. Mais tous s'inquiétaient un peu, il ne pouvait rien sortir de bon de cette accumulation sous la peau. On sentait qu'elle se tendait comme la peau d'un tambour.
Un jour elle se mit à résonner. Il suffisait de la froler pour qu'elle s'étale en onde dans le silence autour. Quand elle marchait, chaque fois que son talon touchait le sol, se répandait des ondes sourdes qui chatouillaient la plante des pieds de ceux qui étaient debout sur le même plancher. Quand c'étaient ses orteils qui à leur tour touchaient le sol, on aurait dit des centaines de fourmis qui grimpaient sur les jambes des gens.
Plus elle perdait la voix, moins elle avait de mots, plus avait de joies et ces joies se transformaient en ondes semant sur leur passage désordre, surprise et sourires.
Je voudrais bien vous raconter la suite, mais il faudrait pour se faire que vous soyez debout, là tout juste à côté...
22:25 Publié dans Sorcière en vadrouille | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : sorcières, Halloween, musique
21.06.2006
Prière d’une sorcière
Je n'ai d'église que vos coeurs, vous mes mères. Je n'ai d'église que ces lieux où l'on vous a enfermées. Je n'ai d'église que ces places où l'on vous a brulées vives. Je n'ai d'église que cette certitude du coeur de faire partie des votres. Je n'ai de cimetières que ces lieux où vous avez laissé votre vie en donnant naissance à d'autres. Vos tombent rient de voir continuer la vie.
Mères, il me semble que je ne sais plus prier. Ma foi s’égare dans des avenirs qui n’existent pas. Je perds la confiance en ce qui n’a pas de nom, pas d’image. Le sommeil me fuit ce soir, moi qui aie celui des anges.
C’est un soir de sorcière, de ceux que j’aime particulièrement pour ne pas dire passionnément. Mais les mots me boudent. Ils s’évadent un à un en silence et j’ai beau les poursuivre que le bruit de mes pas les poussent encore un peu plus devant moi. Ils se dispersent emportant un peu de moi en chacun d’eux. Ils me dispersent dans le vent du solstice d'été.
Mères aidez moi. Aidez moi à poursuivre ce voyage vers nulle part. Aidez moi à continuer ma route, la mienne. Que mon cœur batte et que mon intellect se taise, ne me laissez pas retomber dans ces vieux pièges que sont l’intelligence et la mémoire, le regret et l’espérance. Gardez moi l’oubli pour que mes nuits soient tendres et fertiles. Gardez moi l’insouciance pour mes jours soient intenses et féconds. Laissez moi le présent.
Mères aidez moi. Aidez moi à rester l’enfant que je suis. Aidez moi à garder ce cœur pur qui n’a d’autres inquiétudes que de grandir un peu plus chaque jour.
Mères aidez moi. Que mes mains soient soulevées par les vôtres afin que les œuvres qui en naissent soient amour et beauté. Que les esprits des gardiennes d’histoires se penchent sur mon épaule.
Litha, c’est la nuit où les femmes marchent nues dans leur jardin pour en assurer la fertilité.
Litha, c’est la nuit où je marche nue dans ce jardin de ma vie pour en assurer la fertilité.
On dit que ce dont on rêve durant cette nuit se réalisera dans l’année qui suit.
A tous je souhaite la plus belle des nuits.
Jeanne.
18:45 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : prières, sorcières


