26.01.2008
La sorcière et la mort
Ce matin, je me prépare pour aller aux funérailles d'une cousine mais aussi d'une amie car cette famille était et (est pour ce qui en reste) douce et aimante. Une famille comme tous les enfants devraient en avoir.
J'ai grandi avec ces cousins cousines, à rire, à jouer et si nous nous étions un peu perdus de vue au début de l'âge adulte, nous nous sommes retrouvés dans la joie depuis quelques années. Nos propres familles ayant grandies nous laissent plus de temps pour se voir ici et là.
Elle était un an plus jeune que moi et c'était assurément l'une des plus vivantes. Rigolote, sans tabou, elle croquait dans la vie à chaque moment. On se demande parfois si les gens ont l'intuition d'une vie qui sera trop courte ...
Elle est morte brutalement dans un banal accident d'auto. Deux routes, un arrêt stop, deux autos....
La mort révoltait ma mère. J'ai grandi en voyant disparaitre un à un ses frères et soeurs, qui malheureusement mouraient jeunes.
De là la sorcière.....
Car la sorcière a des mots. Des mots qui éloignent les mauvais esprits. Des mots qui éloignent la mort. Si elle est assez puissante, si elle parle assez fort ...
C'est ainsi que d'une petite fille naît une sorcière aimante qui jour après jour essaie de protéger les siens.
Bien sur, je sais....
Je sais bien...
Que nul mot, nul geste, ne protège de l'impuissance de la vie. Mais étonnament, les humains ayant tant besoin de croire, la plupart des gens se sentent en sécurité avec moi même s'ils savent que c'est irrationnel.
Plus je vieillis, plus la sorcière connaît l'ampleur de son impuissance, mais paradoxalement, plus je sais combien c'est important d'être cet abri. Que mes mots le soient.
C'est ainsi que l'on s'attache à un archétype.
Je vous laisse sur une formule magique. Que la journée vous soit douce, vivez en chaque instant aussi difficile soit il.
Et je la prend pour moi....
Jeanne xxx
ps...merci Gisèle pour le commentaire. Il arrive tout à fait au bon moment ce matin. Comme une caresse qui se mèle avec ma peine. Comme quoi ....peut être que la sorcière a un tout petit peu de pouvoir :-)
07:45 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : mort, sorcière
05.02.2007
La sorcière et le destin
Il était une fois un destin farceur et une sorcière orgueilleuse et fière . Non pas qu’elle fut méchante et c’était bien là, un drôle de dilemme pour une sorcière, mais bien qu’elle était un peu présomptueuse. Elle osait dire au destin qu’elle tenait sa vie bien en mains.
Le destin souriait. C’état l’un de ces passe-temps favoris, de regarder les humains et de sourire. Sorcière ou pas, il n’en avait que dalle !
Un jour la sorcière qui savait ce qu’elle voulait, essayait de l’obtenir. Elle faisait des breuvages tous les plus étranges les uns que les autres : bave de serpent, queue de crocodile, le cœur d’un bonhomme de neige, tout y passait.
Car notre sorcière ne s’essayait pas à un petit filtre innocent. Non, elle voulait l’amour ! et même l’Amour.
Le destin souriait.
Comme c’était une sorcière instruite et cultivée, elle essaya toutes les magies venues de contrées éloignées. Des petites poupées vaudou qu’elle avait essayé de sculpter à l’image de cet homme idéal, aux interminables listes écrites d’une plume d’oie noire plongée dans son sang, un soir de pleine lune, qu’il fallait enterrer et laisser pourrir quelques années, la sorcière avait tout essayé.
Le destin se marrait.
Elle en vint même, en désespoir de cause, à mettre une annonce sur internet, comme une simple mortelle. Un sapré coup pour son égo. Sorcière cherche sorcier pour envoûtement mutuel. Connaissance des invocations, cantare, tantra, etc…un atout.
Le destin était mort de rire.
Une nuit de pleine lune, sous le grand froid du Canada, la sorcière entendu un craquement. C’était un craquement sinistre, comme lorsque la glace fend sous la pression des grands froids. Quand toute la nature se tient recroquevillée de froid, quand tout arrête de respirer pour laisser le grand maître du nord passé.
Elle prit son grand manteau d’hermine, enroulant sa ceinture fléchée autour de ses reins et sorti dans le grand froid. Rien, elle ne voyait rien qui puisse expliquer ce craquement.
Le destin se roulait de rire dans la neige.
La sorcière entra chez elle. Elle remplit sa baignoire, alluma les chandelles. Il faisait chaud, ca sentait bon le parfum de la sorcière dans toute la chaumière. Elle détacha les boutons de sa chemise un à un, passa doucement la main sur ses seins doux, un peu lourds, présents, denses. Elle glissa hors de son jeans, caressa son ventre , ses fesses…et disparut dans la baignoire.
Le destin (tout comme vous) faisait le voyeur.
La sorcière se lavait distraitement mais le grand craquement raisonnait encore dans ses oreilles. Elle se demandait si elle n’avait pas oublié de regarder dans un coin obscur où se passait ce grand boulersement.
Le destin s’ennuyait. Elle était bouchée cette sorcière.
Quand elle passa le savon entre ses deux seins, elle sentit quelque chose. Comme une faille, une brèche, là , au beau milieu d’elle-même.
Le destin attentif, observait.
La sorcière se leva debout d’un seul coup. Nue, sous la lumière des chandelles et de la lune qui entrait par la fenêtre, elle se vit dans le miroir. Là au beau milieu d’elle-même, la sorcière vit un trou, un tout petit trou. Tout petit mais indéniable. Un trou…
La sorcière avait un trou dans le cœur …
Le destin versa une larme.
20:20 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : sorcière, destin, conte
08.01.2007
Ange ou sorcière
Du fond de l’enfer, j’ai cousu une robe blanche pour nos noces d’innocences, tissé un drap blanc pour nos noces d’indécences.
Danse avec moi sur cet Ave Maria
Ange ou sorcière, ombre ou lumière, je ne suis qu’amour.
Grave ma vie sur ta peau. Mes mains effacent la brûlure, apaisent, guérissent. Mon ombre protège du bien qu'on te voudrait. Ma lumière guide ta folie.
Elle tombe du ciel, la robe qui couvrira nos noces d’innocences, devient un drap pour nos gestes d’indécences.
Ange ou sorcière, je ne suis qu’amour.
22:45 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : ange, sorcière, ombre et lumière
31.10.2006
Le cimetière
Peut-on invoquer le hasard quand une sorcière se balade dans un cimetière un soir de Samain ? Assurément, on peut toujours invoquer le hasard, ce grand chaudron où l’on a bien envie de mettre tout ce qui est irrationnel. Il suffit en fait de remonter le temps jusqu’au moment où le rationnel a relâché son attention.
Jeanne cette petite sorcière de pacotille essayait de trouver le sommeil dans son lit. Mais chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle entendait une voix. Ce n’était pas un message clair et elle s’empressait de les ouvrir pour chasser cette impression d’appel qui la troublait. Ouvrir les yeux, sortir de son lit, aller boire un verre d’eau, tous les échappatoires à la nuit, y étaient passés. Mais la voix était tenace et sans visage, elle dansait derrière ses paupières.
Jeanne se leva, ouvrit les rideaux, le ciel était clair, la lune haute déjà. Minuit était passé depuis quelques heures. C’est à ce moment qu’elle décida qu’un grand bol d’air frais était un excellent moyen de chasser la voix inopportune.
C’est toujours un plaisir de marcher dans la nuit. Un plaisir teinté de crainte quand on est une femme. Pourtant passé le premier frisson, c’est un plaisir réel. Il y a dans le geste d’errer la nuit, un puissant stimulant pour l’imaginaire. Tous les contours du connu prennent un flou qui laisse place à d’autres images. Les parfums de la nuit sont différents de ceux du jour et Jeanne les respirait comme on s’enivre.
Elle marchait dans sa rue sans diriger ses pas. Est-ce là que le hasard s’est inséré ? C’était peut être l’inconscient. Elle suivait ses pensées en longeant les immeubles désertés. Elle remarquait ici et là une fenêtre encore éclairée, s’inventait un insomniaque en train de lire ou de faire les cent pas dans son appartement.
Tout pouvait être inventé, la nuit était une page noire encore vierge de son histoire. La nuit était une porte que Jeanne traversait sans crainte.
C’est à peine si elle se rendit compte que les murs de pierre, qu’elle caressait du bout des doigts en marchant, étaient ceux du cimetière. Naturellement, elle y entra. Bien sur, elle eut un frisson et songea aux âmes de tous ces défunts qui dormaient sous le sol. Si elles allaient sortir ? Mais elle sourit à elle-même. Son père lui avait apprit qu’il y a plus à craindre des vivants que des morts.
La lune était haute et brillante. Aucun vent n’agitait les feuilles déjà sèches mais encore attachées à leur arbre comme de vieilles amoureuses. La nuit était silencieuse. Devant Jeanne il y avait un banc, placé là au milieu des tombes, comme s’il était normal que les vivants aient ce désir de s’arrêter là un instant.
Jeanne s’assit sur le banc, au milieu du silence de la nuit.
Rien ne bougeait autour, c’était un grand calme. Jeanne se disait en riant, que contrairement à tous les contes et légendes, les cimetières étaient de lieux très calmes où il ne se passait jamais rien. Même la voix qui l'avait tenue éveillée avait disparue.
La rue était aussi déserte quand elle ressortit du cimetière. C’est vrai que Québec est une ville tranquille, alors, un mardi soir au milieu de la nuit …
Elle retourna chez elle d’un pas juste assez rapide pour se réchauffer un peu. C’est quand elle mit la main sur la porte lourde de son immeuble qu’elle entendit la voix : « Vous habitez ici ? » Sans attendre de réponse, il tenait la porte ouverte. Elle s’y avança et il la suivit. « Moi aussi depuis deux semaines »
C’était donc lui qui avait emménagé dans ce grand barda de portes ouvertes qu’elle avait fuit l’autre après-midi. « Oui j’habite ici » dit-elle, montrant sa porte d’un signe de la tête en sortant sa clé.
« Vous vous baladez souvent au milieu de la nuit comme ça ? Mais je suis indiscret, excusez moi. »
C’est peut être ici que le hasard entra, par ce geste irrationnel que nous cherchons depuis le début de cette histoire.
Jeanne lui sourit, en lui tendant la main. « Je m’appelle Jeanne et vous ? »
Il prit sa main si délicatement qu’elle eut l’impression qu’il la cueillait. « Moi c’est Sammaël, mais appelez moi Sam. Enchanté de vous connaître Jeanne »
Jeanne ouvrit la porte de son appartement, lui fit un dernier sourire. « Au plaisir de vous revoir Sam »
« Bonne nuit Jeanne »
« Bonne nuit Sam »
Jeanne cette petite sorcière de pacotille essayait de trouver le sommeil dans son lit. Mais chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle entendait une voix …
« Bonne nuit Jeanne, bonne nuit Jeanne…. »
15:49 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cimetière, sorcière, nouvelle, diable, plaisir, nuit
06.09.2006
Entre la Loire et Carcassonne
Entre la Loire et Carcassonne, il y a eu la Bretagne, Cognac, Biarritz et Cahors. Mais il y a plus que cela. Il y a vivre et mourir, vieillir et aimer. Il y a maintenant et demain. Il y a aimer et ce que l’on prétend être de l’amour. Il y a nos limites et nos incapacités. Il y a surtout J tous ces vins …du Sancerre transparent et léger au Cahors odorant et puissant qui stimulent la réflexion J
Tous ces vins qui vous enchantent plus qu’ils ne vous enivrent comme l’escalier de Sacha Guitry …
Le voyage est mystique et intérieur autant que culturel et nourriture de l’esprit. Le voyage est toujours quelque part un rendez vous avec soi.
Quand un Brouilly vous embrouille comment dire sans rire que la vie est un jeu qui m’enchante. Je m’ennuie de vous tous et en même temps je suis très bien où je suis. Est-ce cela que l’on nomme ubiquité ? Cette capacité d’être ici et là à la fois ?
Riez que vos rires montent vers le ciel, telle une prière. Dieu est insensible aux larmes, tant de guerres l’ont bien prouvé, mais peut-être que quelque part sous un ciel étoilé, une sorcière entendra votre rire prière et que vous serez exaucé….
Qui sait ?
Pas moi.
Parole de sorcière.
16:32 Publié dans Sorcière en vadrouille | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : voyage, sorcière, loire, carcassonne, journal, amour
19.08.2006
Paris !!!
Extrait .... Journal de voyage ........
Quelque part tôt le matin
Le jour se lève sur Paris. Le menton dans les mains, devant Notre Dame, vaincue par la fatigue et surtout les émotions, je me suis endormie comme une enfant devant les yeux de mon compagnon. J’ai dormi comme on perd conscience, vaincue par la fatigue et les émotions. C’est à cela que tient la jolie femme sensuelle quand l’enfant surgit. Je ris de moi-même et suis ravie de me redécouvrir si intacte.
La première journée de ce voyage a été merveilleuse.
Paris m'est entré en plein coeur sans que je ne puisse rien n'y faire. Plusieurs fois la beauté et l'émotion de me retrouver dans ces romans, dans ces films, dans cette image, que je cotoie depuis l'enfance, m'a renversé. J'ai manqué de mots à plusieurs reprises. Rien n'y est banal. Marcher sur les trottoirs de Paris, c'est répéter un geste de femmes. Les talons qui claquent sur la pierre, le sourire des hommes, ni d'hier ni de demain. Je sais c'est un cliché mais c'est Paris éternel !
J'ai constamment le coeur sur la peau.
La sorcière se tait, un ange passe et les larmes descendent doucement sur ses joues. Heureusement qu'il bruine un petit peu, c'est moins indécent qu'au grand soleil !
Aujourd'hui...musée d'Orsay....
Je vous reviens quelque part, ici et là. Pour l'instant je suis branchée illimitée et gratuit... alors premier café à l'aube avec vous...
Bonne journée.
Ps.. Je suis sous le charme des autos de police qui font pim pon pim pon…
22:25 Publié dans Sorcière en vadrouille | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : voyage, Paris, sorcière, beauté, émotion

