11.06.2008
Être là
Être là
Mes voix se font moins pressantes. Il y a moins à dire. Les mots tombent dans le silence, s’y suicident par insouciance.
Marcher dans le matin, en faire partie. Mêler mes pas au bruit du balai mécanique. Mêler mon parfum à celui du pain. Faire partie.
Mes neurones se taisent. Mes sens s’éveillent. Ils s’étirent en tout sens. Suivant la piste d’un frisson, celle d’une odeur d’été.
J’ai moins à dire et tant à faire. Fi de la séduction, toute entière dans la rencontre. Celle du passant, de la vieille dame à l’épicerie, du touriste dans le port de ma ville
Je suis le monastère de mon silence. Il habite sans cesse un coin de mon bruit. Je sais maintenant qu’il est un abri. Je lui fais confiance. Je le quitte et je marche sur la route à la rencontre de l’autre. Rencontre de l’amitié, de l’empathie, de l’altérité. Car je sais qu’il est là, dans ce coin de moi, ce silence que je peux habiter.
Je ne suis plus une personnalité, je suis personne. Ma vie n’a rien de personnel, elle est humanité, communauté de gènes et d’atomes, de peurs et d’amour.
Je suis là …
12:10 Publié dans Sorcière en vadrouille | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : être, liberté, éveil, silence
05.02.2008
Présence
Des fragments, déposés ici, et même ailleurs. Des fragments de vie, de réflexion, de sensation, des fragments de pensée, toute une vie fragmentée.
Il y a cette pensée qui étiquette, cette pensée qui nomme, qui analyse. C’est cette pensée qui fragmente la vie.
Puis il y a le silence.
Les notes entre les silences, ou les silences entre les notes qui font la musique ? Le silence entre les fragments, ou les fragments entre les silences qui font ma vie.
Bleu, blanc, rouge…
L’ouverture au monde c’est quand à l’intérieur de moi, il y a le silence. La nécessité du vide pour recevoir tout ce monde extérieur.
Sentir la vie.
Au moins quelques moments.
Taire la pensée.
Laisser passer.
Fenêtre
Sans verre
Silence
Sans le bruit de mes pensées.
Puis je retourne à l’inattention, à l’inconscient, au monde de mes pensées qui m’éloigne de toi, de l’autre, m’emprisonne, m’enferme, me nomme….
La présence….15:40 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fragments, silence, présence, attention
03.10.2007
Silence
Il y a peu de mots pour décrire la recherche spirituelle. Tous me semblent inadéquats mais les mots sont l’outil dont nous disposons ici.
Je me sens la pièce d’un puzzle, exactement de la taille et de la couleur qui convient, juste posée là quelque part dans la vie.
Je me sens silence.
Je me sens une fenêtre ouverte.
Je me sens un vase communiquant …liquide …vive…reçoit, verse…
Mais je suis ici une aveugle qui tente de dire ce qu’elle voit. J’ai commencé par écrire je suis une fenêtre ouverte…puis le suis m’a semblé inadéquat. Comme si mon être n’était que le cadre de la fenêtre…Je me sens le vide entre les montants du cadre. Je me sens le cadre.
Difficile d’exprimer l’amour …
Parfois Je existe et Je se laisse prendre par l’illusion. Alors tout disparaît et je me sens seule et froide car l’expérience spirituelle m’est sentiment d’unité et de dissolution à la fois, sentiment de chaleur, de plénitude, de silence plein. Puis s’installe tranquillité, silence intérieur dans le bruit du monde, silence intérieur qui aime ce bruit du monde pour ce qu’il est, jeu, invention.
Je voudrais des mots mais il vient des couleurs, de sensations, des sentiments, des images d’eau vive et paisible à la fois, des marées basses, des marées hautes, des mouvements, des mouvances.
Je voudrais expliquer mais « je sens » et quand je « remonte » du ventre, du cœur, au mental, il y a perte, comme entre le pigment pur et la toile.
Chaque fois que je relis ce texte, je sens des mots de trop. Mais j’ai tenté de vous recevoir chez moi.
15:22 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note | Tags : silence, spiritualité, amour, sens
29.04.2007
La sorcière et le dragon
Ce soir j'ai besoin de vous dans mon silence. Je sais je vous néglige. Je sais je suis une rebelle impardonnable. Je sais, je sais... mais pardonne moi, mais dites moi que vous êtes encore là malgré ma froideur parfois, malgré mon silence.
Ce silence qui m'habite, ce silence qui se transforme en mots et que parfois j'aime trop.
Ce soir le silence a une voix. C'est une toute petite voix. Une voix des temps modernes, une voix techno, une voix de ce jour d'hui. Un bip... un tout petit bip...
Il surgissait n'importe quand, comme un rayon de soleil, un jour gris. Un bip ...et quand je baissais les yeux, je savais déjà que c'était lui. Un bip ...qui me faisait sourire ...un bip ...
qui disait ... mon belle amour ...quelque part entre le masculin de l'amour et le féminin de ce que je suis... mon belle amour....
C'est toujours seul que l'on doit aller à la chasse au dragon. C'est toujours seul qu'un jour, le héros de l'histoire, a le courage de quitter ceux qu'ils aiment. Il les quitte parce qu'il les aime. Parce que pour les aimer mieux, il doit d'abord tuer le dragon.
Ce matin, il parti.....
Ce soir le silence a une voix.... c'est un tout petit bip ....qui ne surgira pas....qui ne surgira plus .....et mes larmes n'y peuvent rien.
20:25 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : amour, peine, silence, bip
26.09.2006
Des mots, un roman, créer
Bonjour,
Je néglige mon blog et pour cause, le temps me manque ! L'automne a repris ses droits et avec la brume, la pluie et les feuilles rouges vient ma période de créativité, d'intériorité. J'ai longtemps rêvé d'avoir le loisir de m'enfermer en novembre pour ne remettre le nez dehors qu'en mai, avec une immense pile de livres bien sur.
Cet automne ne m'épargne pas cette tendance à m'enrouler autour de moi. Cet automne je vais écrire, comme je le fais parfois. Un troisième roman qui sera peut être celui que j'aurai envie de faire lire. Chemin que j'ai un peu parcouru avec le receuil de nouvelles de 2005 que j'ai laissé lire à quelques amis et connaissances.
Un roman...sur le désir... Les personnages prennent forme dans mon esprit. Les narrateurs aussi. Ces jours ci je revise, des règles narratives et des livres sur les mots. Plus de jolies histoires pour m'endormir et Le livres des jours reste sur ma table de nuit.
Comme une amoureuse passionnée, je me garde pour mon amant de papier. Des mots, des personnages, des réflexions....voilà la nourriture de mes nuits.
Je viendrai vous écrire mes états d'âme de scribouilleuse dans cette sorcière à plume pour au moins conserver un lien tenu avec tous ceux que j'aime ici.
Pardonnez moi mes silences comme vous me pardonnez mon bavardage ...la sorcière écrit.
Par delà les notions de bien et mal, il y a un champ. C'est là-bas que je te retrouverai. Jâlal al-Din Rumi
07:35 Publié dans Sorcière à plume | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : écrire, mots, désir, roman, silence
04.06.2006
Mon coin de silence
Quand je peins toute la journée comme hier, je me sens parfois un peu prisonnière de moi-même. C’est comme si je n’arrivais pas à sortir de moi après la séance. C’est durant ce moment là que j’aurais besoin de présence pour me sortir de mon coin de silence…
Mon coin de silence…
Mon coin de silence n’a pas de saison. C’est en même temps l’hiver et l’été. C’est l’hiver de ton absence et l’été de mes souvenirs. Mon coin de silence n’a pas de voix, il les a toutes, la tienne, la sienne, la mienne. Mon coin de silence n’habite nulle part, il est partout.
Parfois j’y entre…
Je t’y retrouve trop présent avec ton sourire et tes yeux sur ma peau. Mais je suis contente que tu y sois. Il faut comprendre que douleur et plaisir ne se séparent pas. Il faut accepter que vivre ce soit cela. Je ne regrette pas. Les regrets sont des fleurs vénéneuses qui empoisonnent tous les paysages.
Parfois j’y entre et j’y puise comme dans un jardin fertile, des images pour mes toiles, des émotions pour faire battre mon cœur, de la musique, des images de vos yeux, de vos sourires. Bien des gens diraient à quoi bon …
Parfois je pousse la porte de mon coin de silence, et je m’y assois. Ce qui est merveilleux avec cet endroit c’est qu’il est toujours là. Il n’existe pas de tempête, pas de soucis, pas de bruits, pour me faire oublier son existence. Au cœur de la tourmente, il y a mon coin de silence.
Quand je peins, quand j’écris, je vous prend par la main pour vous amener dans mon coin de silence …ce sont les seuls moyens que j’ai trouvé pour le partager.
Comme si les mots pouvaient amener un peu de silence au monde.
On dit aussi qu’il y a l’amour…on dit ça…on dit ça….
Jeanne…
02:25 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : silence, peinture, partage. amour

