05.05.2009

New-York poésie

New_York_poesie.jpg Faut il y ajouter des mots ...

26.11.2008

Quand la beauté ...

Quand la beauté est une lisière, quand c’est un moment entre chien et loup, entre l’ombre et la lumière.

 

Quand la beauté s’inscrit dans la marge de nos pages, quand elle est là si près et si loin à la fois.

 

Quand la beauté c’est l’horizon, cette ligne indéfinie entre ici et ailleurs.

 

Quand la beauté se dessine comme un point de fuite qui ne cesse de reculer.

 

Quand la beauté s’échappe en cascades.

 

Quand elle te bouscule, t’agite, quand tu la suis, la précède, la dépasse.

 

Quand la beauté est sans cesse ici et là à la fois, quand elle te glisse entre les jambes, quand elle s’écoule entre tes doigts.

 

Quand la beauté est un train qui passe et s’éloigne sans toi.

 

Quand la beauté est fragile, quand elle est verte d’eau et transparente, quand elle n’a pas de nom, pas de visage.

 

Quand la beauté est une biche aux abois,  quand elle se glisse dans le silence entre deux notes, quand elle se cache entre toi et moi.

 

Quand la beauté m’échappe, m’écorche, m’enfuit.

 

Quand la beauté me dit, me chuchote, m’embrasse, quand la beauté a un goût entre l’amer et le sucré.

 

Quand la beauté est quelque chose dans l’air, quelque chose dans l’absence, quelque chose dans l’être là, quelque chose dans le silence, alors je suis.  

16.10.2008

Feeling

Grondement et tonnerre dans ma poitrine.

 

Le cœur se serre et bat en catimini.

 

Un serpent court après sa queue.

 

Une petite boule de feu qui enfle en tournant sur elle-même.

 

La gueule grande ouverte.

 

Des langues de feu se répandent dans mon sang, s’épandent dans mes veines.

 

Il se mord la queue.

 

Les pieds sur la braise se soulèvent.

 

S’enroule sur lui-même.

 

Le cou s’étire cherchant l’espace pour respirer.

 

Les lèvres s’entrouvrent

 

L’âme s’échappe, 

 

Les yeux la suivent.

14.05.2007

Des choses qui s'envolent

medium_volier.2.jpgphoto Marc Fortin

Dans ses notes sur l'oreiller (Makura no sōshi – le fameux Pillow Book), composées à la cour impériale du Japon dans les premières années du XIème siècle, la dame de cour Sei Shōnagon fut la première à élever la liste au rang de genre poétique.

Je vous propose de vous joindre à moi, le temps que dure l'été pour composer des listes. J'essaierai de trouver dans mes photos des images qui leurs conviennent.  Pour commencer ....

 

Des choses qui s'envolent

 Les oies blanches

Les années

La beauté

Les soucis

Un moment avec toi

Mes idées

 ... à vous...

 

 

03.11.2006

Des mots sauvages

Si jamais par inadvertance ou par un funeste destin, mes yeux ne croisaient plus les tiens. Si tu m’oubliais un matin comme un rêve dans les brumes de ta nuit. Si je basculais de tes yeux à tes mains sans toucher ton cœur. Si mon nom ne franchissait pas tes lèvres pour s’étendre sur ma peau. Si tes battements de cœur ne rythmaient pas ceux des mes cils. Si derrière tes paupières, dans le silence de ta vie, je perdais mon chemin. Je voudrais te donner des mots qui dérivent. Inventer des mots neufs, sans usure, aux rebords sans bavure, des mots pour toi que je ne connais pas ou si peu. Comme un nouveau langage qui nous appartiendrait.

Je les choisirais, un par un, les dévoieraient pour que tous oublient qu’ils ont déjà signifié. Leur donnerait un nouveau visage, inventerait des assemblages, construiraient sans ambages, des mots sauvages pour toi que je ne connais pas, ou si peu, si peu.

Mordre deviendrait la douceur, mourir serait un mot d’enfant, voir porterait ton nom, lire serait un sport extrême, dormir un travail d’équipe, photographier rimerait avec indécence, voyager prendrait des airs d’opéra.  

Je bannirais le temps tombé dans l’oubli, les tiens ne vaudraient plus mieux que ceux que tu auras, et la pierre s’enroulerait de mousse. Je peindrais des aubes chaque soir afin qu’elles attendent tes matins. Des mots farouches pour toi que je ne connais pas ou si peu, si peu.

Cruel aurait des ailes, le silence si plein de blanches rougirait,  impudeur serait un mot tendre et ambre serait la couleur de mes yeux …

Mais je garderais aimer ce mot dont on ne connaît pas le sens, ou si peu, si peu…

Jeanne

14.10.2006

La Nuit des Gueux

La Nuit des Gueux est un collectif d'auteurs  : Nora Atalla, Marie-Josée Ayotte, Jeannine Beaudoin, Janick Belleau, Denys Bergeron, Louis Bergeron, Marjolaine Bohémier, Danny Boisvert, France Bonneau, Claire Boulé, Lysette Brochu, Lise Careau, Louis Caron, Francine Chicoine, José Claer, Denise Corriveau, Jean Deronzier, François Désaulniers, Diane Descôteaux, Paule Doyon, Sylvain Fafard, Arlette Fortin, Catherine Fortin, Abigail Friedman, Marie Gagnier, Charles Gagnon, Jacques Gauthier, Monique T. Giroux, Guy Jean, Yanni Kin, Anne-Marie Labelle, Jean-Marc La Frenière, Jean-Guy Lachance, Louise Lacoursière, Annick Latreille, Clément Loranger, Angèle Lux, André Marceau, Guy Marchamps, Véronique Marcotte, Gertrude Millaire, Caroline Moreno, Chantal Morin, Jacques Ouellet, Jean Paquin, Daniel Paradis, Monique Parent, Jean Perron, Marcelle Racine, Lyne Richard, Geneviève Rey, Lucie Roberge, Jean-François Somain, Marie Thérèse Thériault, Monika Thoma-Petit ainsi que les textes de Rita Dupont et Alexandre Verdun.

Avant même la sortie des presses, tous les exemplaires étaient vendus sans passer par les distributeurs ou les libraires. Le livre sera bientôt en réimpression. Je vous tiendrai au courant.

Tous les profits générés par ce livre, incluant les droits d'auteur sont remis intégralement et en parts égales aux comités en charge de l'évènement la Nuit des sans-abri.

Merci à tous et en particulier à Yanni Kin dont c'est l'initiative et à la maison d'édition Les Éditions La Plume Libre.

30.09.2006

Un train peut en cacher un autre

medium_Loire_023_train.2.jpg

Ce que le coeur devient entre un endroit et un autre, entre une relation et une autre, entre une oeuvre et une autre, ce dont il s'allège avec les larmes et les rires, ce dont il s'enrichit avec chaque instant vécu...

Si j'étais un train, un soir trop fatiguée, peut être comme ces deux derniers, je m'arrêterais quelque part. Mais la vie est formidable car je n'ai rien d'un train et tout d'une femme.

Bonne nuit.

10.08.2006

Je suis le temps

Je dors dans l’ambre. Lovée au cœur de la résine je respire depuis la nuit des temps. Il m’a fallu bien des années pour comprendre que la lumière dorée était mienne. Il m’a fallu bien des années pour comprendre.

 

Que je ne viens pas de ce jour, que je ne viens pas de ce siècle que tout est relié. Il m’a fallu toutes ses années pour comprendre que le temps est un allié.

 

Il aura fallu un rêve, ou deux et même des centaines pour sentir que ce que je cherchais dehors dormait paisiblement dedans.

 

La peur n’existe plus et c’est le sens de la liberté. Je n’ai plus peur de te perdre car je t’ai rencontré, plus peur de me perdre, ni de m’oublier. Je n’ai plus peur de l’absence, plus peur du silence, plus peur de vivre, de respirer.

 

Il faut parfois longtemps à l’âme enfant pour respirer. Il faut parfois longtemps pour accepter d’être ici, dans ce maintenant que l’on n’appréhende jamais tout à fait. Mais qu’est ce que des années ?

 

Je suis là maintenant. Et ma joie est de celle que l’on a envie de crier. Je suis là maintenant et le temps est omniprésent. Il est court, il est long, il est comme un ruban entortillé.

 

Chaque matin est un regard neuf, celui de l’enfant qui hurle en naissant. Chaque matin est celui du miracle sans cesse renouveler de respirer.

 

Je dors dans l’ambre depuis la nuit des temps et pour la nuit des temps, sans peur, sans confiance, sans passé et sans avenir. Je suis le temps de mes cellules, celui de devenir, celui pas assez et celui à venir. Je suis le temps de l’amour et de l’indifférence, celui de mes prisons et de mes délivrances. Je suis le temps que je prends, celui que je laisse. Le temps qui s’écoule ou qui s’arrête. Je suis le temps d’avant et celui d’après. Tout passe qui ne passera pas, tout revient qui est resté là. Je suis l’aller et le retour, ici et là à la fois.

27.06.2006

Ou presque ...

medium_aller-vers_nB.jpgPeut être que la liberté profonde c’est d’assumer la solitude inhérente à l’être incarné. Seul dans sa peau, seul sous sa peau, barrière infranchissable ou presque…

 

Se laisser pénétrer jusqu’à l’âme

S’ouvrir,

Mieux,

S’offrir

La douleur de s’ouvrir, le bonheur de s’ouvrir

Ne comprends-tu pas ?

 

Se laisser pénétrer jusqu’au cœur

S’offrir,

Mieux,

Se donner

La peur de s’offrir, l’intensité de l’attente, du voir venir

Anne ma sœur, ne vois tu rien venir ?

Ne vois tu pas ?

Ne sais-tu pas ?

Se laisser pénétrer jusqu’aux pensées

Se donner,

Mieux,

Appartenir

L’impossibilité de se perdre pour qui s’est trouvé

Je sais que tu sais

 

Se reprendre, être soi, s’appartenir

Seule,

Mieux,

Lucide

Bonheur et souffrance  de la liberté

Bonheur et souffrance de la solitude

Inhérente, inhérente, incontournable lucidité

Incontournable solitude

Incommunicable beauté

De vivre

D’aimer

D’aimer vivre

Incontournable lucidité

Seuls sous notre peau

Et le droit, la possibilité, la chance inouïe

De faire comme si…

Comme si tes yeux étaient les miens

Comme si ce que j’y vois c’était moi

Comme si mes yeux ouvraient le chemin

Comme si mes mains savaient le tien

 

Se laisser pénétrer jusqu’à l’âme

S’ouvrir,

Mieux,

S’offrir

 

Briser l’inhérence un instant…

Jeanne