05.05.2009
New-York poésie
21:11 Publié dans photos | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : ny, new-york, photo, printemps, poésie
01.12.2008
Kaléidoscope

Quand j'étais enfant rien ne me séduisait autant que mon vieux kaléidoscope. Un tube de carton, des cristaux bleus jaunes et rouges. Je m’en fabriquais un nouveau chaque mois.
Hier j’ai refait l’expérience. J’ai pris un long tube de carton vestige d’un Noël passé. Je me suis couchée sur le dos dans mon lit et j’ai commencé à y mettre quelques souvenirs, des lectures assommantes ou rigolotes, la voix de ma mère et celle de mon père. Il lui fallait aussi de la musique en quantité importante, des rêves et là j’ai vraiment osé. Un brin de tempérament, quelques névroses et pour mettre du piquant une petite psychose. Je le tournais dans ma main gauche, comme ça le nez au plafond, l’œil attentif. Il manquait de poids alors j’y ai mis des responsabilités. Un résumé en 100 mots découpés des informations des dix dernières années me sembla bien à propos. Les sermons du curé de mon enfance pour ne pas tout oublier. Puis je me suis dit qu’il était trop personnalisé et que je me devais de regarder un peu les autres, voisins, collègues et amis y sont passés. J’ai placé une petite rondelle percée d'une fenêtre à un demi-pouce de mes ingrédients bien pressés les uns sur les autres.
L’enfance était là, à portée de la main.
Kaléidoscope de mon enfance, images impérissables parce qu’insaisissables. Je les regardais pendant des heures faisant tourner l’objet le plus doucement possible. Mais le vrai jeu consistait à essayer de recréer la même image deux fois. Je n’y suis jamais arrivé. Des carrés rouges et bleus, des cercles verts et jaunes qui faisaient naître chaque fois un nouveau dessin, chaque fois un nouvel être. Jamais la somme de ses parties n’a constitué une image permanente et précise peu importe la douceur que je mettais à essayer. Jamais la somme de mes parties ne sera ce que je suis, insaisissable et vivante.
Ce texte a quelques années mais le kaléidoscope repose toujours sur ma table de nuit. Ces jours derniers, j'essaie d'archiver des dizaines de textes. J'en relis des brides ici et là ...comme un kaléidoscope de mots. Il faudrait faire l'expérience de prendre une phrase dans chacun d'eux ou disons dans un certain nombre et juste les enfiler une à une derrière l'autre comme des perles...pour le plaisir de l'impression.
23:01 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : image, photo, collage, impresion
10.11.2007
Lumière d'automne
19:10 Publié dans photos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, ciel, automne, lumière
15.07.2007
Des orages
23:05 Publié dans photos | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, orage, nuage, ciel
25.06.2007
Quand Québec devienne païenne !
20:45 Publié dans Sorcière à Lunettes | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : photo, fête, st_Jean, Québec
15.10.2006
Je me souviens
A tous mes lecteurs d'ailleurs .
(photo de Sergio Saccomano)
Je vis au coeur d’une ville. En fait, c’est un gros village disent les gens de Montréal. En octobre, j’entends le chant des oies blanches qui passent au-dessus de Québec. Quelques pas et je vois le fleuve immense qui coule au pied du Cap Diamant.
Tout près de chez moi, il y a des centaines de kilomètres de forêts. Pas de ces belles forêts polies comme j’ai vu en France ! Des étendues immenses d’épinettes et de sapins, odorantes, impénétrables, sans sous bois. Des terres d’arbres chenus, tordus, mordus par les insectes qui les habitent trois saisons sur quatre.
Mon pays change de visage à chaque saison. Il change de couleur, il change de parfum, comme une femme qui voudrait avoir tous les visages de la séduction.
Orange et rouge se vêt l’automne. Il porte un parfum piquant et musqué. C’est un parfum de soir. Feuilles mortes, terre mouillée, le vent charrie les tristes pensées et laisse l’âme comme une page blanche. Muette ? Pas tout à fait, le chant des oies blanches inscrit sur la portée, chant nostalgie de celui qui quitte et qui dit…je reviendrai.
Vous a t’on dit que les hivers étaient de plusieurs blancs ? Les blancs presque chauds de la neige humide qui tombe à gros flocons. Les blancs bleus de celle plus froide, dame aux jambes serrées. Les blancs transparents de la glace, les blancs gris des villes, tant de blanc, tant de blancs. Ne croyez pas que les grands froids tuent le parfum de l’hiver. L’hiver sent le froid. Ces froids secs et intenses quand le mercure descend sous la barre des moins trente. C’est un parfum qui vient de loin. Un parfum qu’il faut respirer à petites doses. Un parfum qui brûle. C’est un parfum de nuit. L’hiver mon pays, c’est l’amour sous la couette ou devant la cheminée. Tout ce blanc par la fenêtre…et ta peau si chaude…
Le printemps mon pays a les verts comme d’autres ont les bleus je suppose. Les verts tendres des feuilles qui naissent, ne durent que quelques jours. Le printemps c’est aussi, le chant des cours d’eau qui sortent de leur grand sommeil. La glace qui renonce à grands cris de douleur. Il faut entendre les rivières se débarrasser de leur gaine trop étroite pour se remettre à respirer. Le printemps les gens marchent le nez en l’air et sourient aux oies blanches qui cette fois reviennent et chantent la joie du retour chez soi. Le printemps a tant de parfums qu’il vous étourdit. Parfum puissant de tout ce qui dégèle, humus et promesses. Subtil mélange des parfums doux de la végétation qui renaît mélangés à ceux du nord qui s’obstinent encore. Parfois le printemps, on sent la neige et l’été en même temps. Celui là c’est un parfum du matin. Mais le printemps chez moi, c’est surtout les femmes qui se dévêtissent, troquant les lourds manteaux trop longtemps portés pour les robes d’été même quand l’air fait frissonner les seins sous le tissu trop léger. Le printemps c’est les jambes des femmes, pieds nus dans leurs souliers qui au moindre brin de soleil viennent chercher la caresse.
C’est pourtant en été que viennent les touristes. Cette trop courte saison, tissée d’extrêmes. De la fin de juin au début de septembre, le Québec oscille entre la canicule et les nuits à peine tièdes. L’été c’est les trop rares nuits chaudes où les gens ne rentrent pas se coucher. Ils restent sur le balcon, où ils dorment parfois pour profiter de chaque instant de la nuit. L’été c’est un parfum d’après midi à longueur de journée. L’été c’est aussi la saison des chalets, là où les gens des villes retrouvent l’animal en eux…du moins parfois.
Mon pays ce ne sont pas ces quelques villes, trop petites pour être impressionnantes, trop semblables à toutes les villes d’Amérique pour être originales. Mon pays c’est l’espace, les parfums, la forêt et les gens silencieux.
Mon pays ce sont ces petites maisons le long de ses lacs ou rivières où les gens écoutent respirer la nature, où les gens habitués à tant de beautés ne savent même pas qu’ils sont amoureux. Mon pays ce sont ces villages sans grâce, qui s’émiettent de l’ouest à l’est, du sud au nord, se raréfiant vers le nord, s’étiolant vers l’est. Rien de ce que l’homme ne saurait construire ici ne pourrait rivaliser avec la beauté des paysages, les chants, les couleurs, les parfums de mon pays.
Mon pays c’est dehors qu’il se vit.
09:54 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : photo, voyages, pays, québec, saisons
20.09.2006
Brume d'automne
Brume de photos …entre l’été et l’automne. Je rêve un homme qui marche dans la brume, son dos habité par les mains d’une femme. Je rêve un homme qui marche dans la brume, les yeux au sol et cache sous son manteau, un cœur coupable.
Coupable d’aimer et de ne pas aimer, coupable d’être et pas assez. Je rêve un homme de brume que la photo pourrait révéler. Ses mains d’aristocrates jouent de son cœur de voyou comme d’un chiffon humide. Humide des larmes qu’il n’a pas versées.
C’est la brume d’automne qui me prend dans ses bras. Je pose ma tête sur son épaule et déclenche l’objectif. Dénude une épaule, me dit-elle à mi-voix et baisse les yeux que leur éclat ne me perce pas.
Je rêve une femme qui marche solitaire dans la brume d’automne. Saisir l’insaisissable, dire l’indicible, voir l’invisible. L’obturateur ne m’obture pas.
Bouscule moi
Je rêve un homme et une femme qui marchent côte à côte dans cette brume d’automne. Ils s’abstiennent de dire pour ne pas trouer la brume. Leurs doigts se cherchent.
Leurs doigts se trouvent.
07:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : PHoto, homme, femme, brume







