30.01.2007
Mes nuits sans nuit
Mes nuits sans nuit
Mes nuits sans lui
Mes lui sans nuit
Mes lui sans lui
Mes nuits s'ennuient
Mais elles ne savent pas de qui.
Nuit sans abri
Sans bras
Sans toi
Mes nuits s'ennuient
Mes nuits sans bruit
Sans toit
Ni toi
22:53 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : nuit, ennuie, amours
31.10.2006
Le cimetière
Peut-on invoquer le hasard quand une sorcière se balade dans un cimetière un soir de Samain ? Assurément, on peut toujours invoquer le hasard, ce grand chaudron où l’on a bien envie de mettre tout ce qui est irrationnel. Il suffit en fait de remonter le temps jusqu’au moment où le rationnel a relâché son attention.
Jeanne cette petite sorcière de pacotille essayait de trouver le sommeil dans son lit. Mais chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle entendait une voix. Ce n’était pas un message clair et elle s’empressait de les ouvrir pour chasser cette impression d’appel qui la troublait. Ouvrir les yeux, sortir de son lit, aller boire un verre d’eau, tous les échappatoires à la nuit, y étaient passés. Mais la voix était tenace et sans visage, elle dansait derrière ses paupières.
Jeanne se leva, ouvrit les rideaux, le ciel était clair, la lune haute déjà. Minuit était passé depuis quelques heures. C’est à ce moment qu’elle décida qu’un grand bol d’air frais était un excellent moyen de chasser la voix inopportune.
C’est toujours un plaisir de marcher dans la nuit. Un plaisir teinté de crainte quand on est une femme. Pourtant passé le premier frisson, c’est un plaisir réel. Il y a dans le geste d’errer la nuit, un puissant stimulant pour l’imaginaire. Tous les contours du connu prennent un flou qui laisse place à d’autres images. Les parfums de la nuit sont différents de ceux du jour et Jeanne les respirait comme on s’enivre.
Elle marchait dans sa rue sans diriger ses pas. Est-ce là que le hasard s’est inséré ? C’était peut être l’inconscient. Elle suivait ses pensées en longeant les immeubles désertés. Elle remarquait ici et là une fenêtre encore éclairée, s’inventait un insomniaque en train de lire ou de faire les cent pas dans son appartement.
Tout pouvait être inventé, la nuit était une page noire encore vierge de son histoire. La nuit était une porte que Jeanne traversait sans crainte.
C’est à peine si elle se rendit compte que les murs de pierre, qu’elle caressait du bout des doigts en marchant, étaient ceux du cimetière. Naturellement, elle y entra. Bien sur, elle eut un frisson et songea aux âmes de tous ces défunts qui dormaient sous le sol. Si elles allaient sortir ? Mais elle sourit à elle-même. Son père lui avait apprit qu’il y a plus à craindre des vivants que des morts.
La lune était haute et brillante. Aucun vent n’agitait les feuilles déjà sèches mais encore attachées à leur arbre comme de vieilles amoureuses. La nuit était silencieuse. Devant Jeanne il y avait un banc, placé là au milieu des tombes, comme s’il était normal que les vivants aient ce désir de s’arrêter là un instant.
Jeanne s’assit sur le banc, au milieu du silence de la nuit.
Rien ne bougeait autour, c’était un grand calme. Jeanne se disait en riant, que contrairement à tous les contes et légendes, les cimetières étaient de lieux très calmes où il ne se passait jamais rien. Même la voix qui l'avait tenue éveillée avait disparue.
La rue était aussi déserte quand elle ressortit du cimetière. C’est vrai que Québec est une ville tranquille, alors, un mardi soir au milieu de la nuit …
Elle retourna chez elle d’un pas juste assez rapide pour se réchauffer un peu. C’est quand elle mit la main sur la porte lourde de son immeuble qu’elle entendit la voix : « Vous habitez ici ? » Sans attendre de réponse, il tenait la porte ouverte. Elle s’y avança et il la suivit. « Moi aussi depuis deux semaines »
C’était donc lui qui avait emménagé dans ce grand barda de portes ouvertes qu’elle avait fuit l’autre après-midi. « Oui j’habite ici » dit-elle, montrant sa porte d’un signe de la tête en sortant sa clé.
« Vous vous baladez souvent au milieu de la nuit comme ça ? Mais je suis indiscret, excusez moi. »
C’est peut être ici que le hasard entra, par ce geste irrationnel que nous cherchons depuis le début de cette histoire.
Jeanne lui sourit, en lui tendant la main. « Je m’appelle Jeanne et vous ? »
Il prit sa main si délicatement qu’elle eut l’impression qu’il la cueillait. « Moi c’est Sammaël, mais appelez moi Sam. Enchanté de vous connaître Jeanne »
Jeanne ouvrit la porte de son appartement, lui fit un dernier sourire. « Au plaisir de vous revoir Sam »
« Bonne nuit Jeanne »
« Bonne nuit Sam »
Jeanne cette petite sorcière de pacotille essayait de trouver le sommeil dans son lit. Mais chaque fois qu’elle fermait les yeux, elle entendait une voix …
« Bonne nuit Jeanne, bonne nuit Jeanne…. »
15:49 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : cimetière, sorcière, nouvelle, diable, plaisir, nuit

