07.09.2008

Il faut parfois que la vie s'arrête...

Que la vie s'arrête pour lui donner un sens. Il faut parfois la sentir bien plus grande que soit, pour s'y sentir intégré. Il faut parfois suspendre sa respiration pour écouter les poumons du monde. Il faut parfois juste être là, comme un spectateur du monde autour ...

Puis faire le pas et entrer en scène. Vivre sa vie au rythme du ciel immense, vivre sa vie à chaque battement de coeur, vivre sa vie loin des pensées qui nous désincarnent, vivre sa vie dans la certitude impossible d'un nouveau jour à venir.

Vivre sa vie...

 

10.08.2006

Je suis le temps

Je dors dans l’ambre. Lovée au cœur de la résine je respire depuis la nuit des temps. Il m’a fallu bien des années pour comprendre que la lumière dorée était mienne. Il m’a fallu bien des années pour comprendre.

 

Que je ne viens pas de ce jour, que je ne viens pas de ce siècle que tout est relié. Il m’a fallu toutes ses années pour comprendre que le temps est un allié.

 

Il aura fallu un rêve, ou deux et même des centaines pour sentir que ce que je cherchais dehors dormait paisiblement dedans.

 

La peur n’existe plus et c’est le sens de la liberté. Je n’ai plus peur de te perdre car je t’ai rencontré, plus peur de me perdre, ni de m’oublier. Je n’ai plus peur de l’absence, plus peur du silence, plus peur de vivre, de respirer.

 

Il faut parfois longtemps à l’âme enfant pour respirer. Il faut parfois longtemps pour accepter d’être ici, dans ce maintenant que l’on n’appréhende jamais tout à fait. Mais qu’est ce que des années ?

 

Je suis là maintenant. Et ma joie est de celle que l’on a envie de crier. Je suis là maintenant et le temps est omniprésent. Il est court, il est long, il est comme un ruban entortillé.

 

Chaque matin est un regard neuf, celui de l’enfant qui hurle en naissant. Chaque matin est celui du miracle sans cesse renouveler de respirer.

 

Je dors dans l’ambre depuis la nuit des temps et pour la nuit des temps, sans peur, sans confiance, sans passé et sans avenir. Je suis le temps de mes cellules, celui de devenir, celui pas assez et celui à venir. Je suis le temps de l’amour et de l’indifférence, celui de mes prisons et de mes délivrances. Je suis le temps que je prends, celui que je laisse. Le temps qui s’écoule ou qui s’arrête. Je suis le temps d’avant et celui d’après. Tout passe qui ne passera pas, tout revient qui est resté là. Je suis l’aller et le retour, ici et là à la fois.

08.08.2006

Inespérance

Une amie m’écrivait : « J’ai appris beaucoup, ouvrir son cœur, c’est se rendre vulnérable »

J’aurais envie de lui dire que je ne sais pas. Et si ouvrir son cœur s’était la seule solution possible. Si on laissait les portes ouvertes qui pourrait les défoncer ?

Est-ce l’amour que l’on ressent qui blesse ?  N’est-ce pas plutôt la forme que l’on veut qu’il prenne ? N’est ce pas plutôt les gestes, les mots, que l’on attend de l’autre et qui ne viennent pas qui blessent ?

Je t’aime, je te veux. Je te veux sous mes yeux, je te veux à mes côtés. Je t’aime je veux participer à ta vie. Je veux que tu sois là, que nous fassions ceci ou cela ensemble. Je veux être ton bonheur, ta joie.

Et parfois c’est possible…du moins un temps … Être la joie de l’autre, voir ses yeux s’allumer du plaisir de se poser sur notre peau. Être la joie de l’autre, l’entendre rire. Être la joie de l’autre, le faire rire. Être sa joie, son plaisir, plaisir partagé, plaisir donné, plaisir reçu, n’est ce pas cela l’amour, aurais-je envie de dire. Être son refuge aussi, se réfugier dans l’autre. Être son unique plaisir ?

Oui aurais-je envie de dire. Mais je sais que je mens, que je me mens. C’est ce que je voudrais que l’amour soit. Cette image sans égratignure, cette image de partage, de réciprocité.

Mais l’amour est plus grand que cela, plus exigeant aussi. L’amour est plus seul que cela.

L’amour est toujours seul. Il n’existe que dans celui ou celle qui le ressent. Le ressentir est déjà un cadeau de la vie, une vibration intense, souvent imprévue, souvent insensée, mais toujours comme une richesse possible.

L’amour est une porte ouverte. Il s’offre peut-être, ne se donne pas, ne se prend pas.

Non ma belle amie, l’amour ne rend pas fragile, il rend fort. Ce sont les images que l’on projette et qui n’arrivent pas qui nous sont déceptions et souffrance. Ce sont les formes que l’on lui donne et qu’il ne prend pas qui nous sont déchirures. Comme ces toiles toujours imparfaites qui n’arrivent pas à rendre, soit la profondeur, soit la perspective, soit les couleurs de nos délires.

Toi qui peint , tu sais bien….l’amour est le pinceau, la couleur, mais la toile est souvent le pâle reflet de l’élan ressenti. Même quand elle est réussie, quand nous en sommes content, le contentement ne durera qu’un instant. Que ce moment avant que l’on s’attaque à une autre toile et qu’on donne un autre visage a ce que l’on ressent. Si notre amour fait le geste, dit le mot que l’on attend,  ne s’empresse-t-on pas d’attendre un autre geste, un autre mot ?

L’amour est-il élan ou œuvre ?

Inespérance …voila le mot que je voulais inventer pour toi … comme une fleur rare à mettre sur ta peine.  Ne te referme pas.

medium_inesperance.jpg