21.09.2009

Propos païens

Équinoxe d’automne.

 

C’est la période de l’année que je préfère. L’air chargé de parfums m’enchante. Plus les jours avancent jusqu’aux premiers froids, plus les effluves de terre humide, de feuilles mortes, s’enroulent les unes autour des autres pour composer un parfum sauvage. Demain c’est l’équinoxe d’automne. Moins flamboyant que le solstice d’été baigné dans la lumière, il nous mène doucement vers l’intérieur. L’intérieur de nos maisons avec le froid qui pointe le nez, mais notre intérieur aussi.

 

Mouvement de replis, instant de grâce entre soi et soi.

 

Le jour et la nuit, face à face, à égalité. Le Ying et le Yang réconciliés ? Hommes et femmes, face à face à égalité ou bien emboités l’un dans l’autre sous la couette pour faire face au froid qui vient ?

Avant d’être femme je suis homme, mais avant d’être homme j’ai été femme.

 

Le jour et la nuit, face à face, à égalité.  Inventer une autre mot pour humanité.

 

Le jour et la nuit, face à face, à égalité.  JE suis le début et la fin, signe parfait de l’infini faisant l’amour avec lui même. JE s’étend, s’étire, dans le jour qui culmine au midi. JE se détend, s’enroule, dans la nuit qui décline. Il est minuit.

 

Milieu du jour, face à face, à égalité avec le milieu de la nuit.

 

Milieu de la vie, face à face, à égalité entre la naissance et la mort.

 

Je meurs de devenir autre.

 

Je renais de cet autre inconnue, nouvelle mère sans nom.

 

Propos païens, chants oubliés, doucement le fleuve se tari.

JE suis l’automne. Juste là...à égalité.

Propos oubliés, chants païens,  vertige de tant de richesses.

 

Équinoxe d’automne, urgence de vivre, au printemps pleins de promesses se substitue l’automne plein de richesses, pour peu que l’été ait été vécu.

 

Je suis riche des mes jours de chaleur. Le froid ne m’habite pas encore.

 

Équinoxe d’automne.

22.09.2008

Fragile

C'est la première d'une nouvelle série. La série s'intitulera Fragile je crois.  Si j'arrive à en produire 10 de cette facture pour l'exposition de 2010 je serai très contente. La photo n'est pas flateuse car le jaune a été un peu trop révélé par le flash de mon appareil. J'en prendrai une autre dans la lumière du jour demain.

Il me semble que je commence à comprendre quelque chose....

 

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02.06.2008

Ce corps objet de convoitise

Corps vendus, corps échangés, corps abusés, corps voilés, cachés, exposés, possédés, cédés, mais toujours et encore convoités.

Ce soir, j'ai vu des femmes, belles, ni voilées, ni dévoilées, des femmes au corps habité. Je marchais doucement, encore imprégnée de la folie, du courage de leur créativité et je songeais à mes soeurs les femmes.

Si peu sont aussi libres que ces femmes qui tentent de dépasser les prisons de l'image.

Le corps des femmes...si convoité. Pouvoir et prison, force et vulnérabilité, que n'a-t'on pas fait aux femmes pour le toucher, le posseder, le contrôler.

Parfois triste pour mes soeurs les femmes à qui l'on a tout fait subir pour le controle de leur corps. Entre la porno et la religion, entre le voile et le bikini, c'est encore et toujours la même tyranie.  L'un fait croire qu'il est le contraire de l'autre, qu'il oppose liberté et prison, ou dignité et honte......mais pensons y .......

Parfois je rêve ...que j'ai un corps d'homme ...

07.04.2008

Vieillir pour une femme – Réflexions rouges foncés – Partie 2

Il y a dans le fait de vieillir pour une femme, un gain de liberté !

Très peu de femmes ont le courage (ou un assez grand besoin) de faire face au ridicule en essayant à 50 ans et plus de séduire des hommes dans la trentaine. Peu importe les résultats. Peu importe les cas particuliers. Au Canada (voir message plus bas) plus de 15 % des couples sont constitués d’hommes ayant 15 ans et plus que leur épouse.  Le cas s’inverse si rarement que Statistiques Canada dit qu’il n’est pas représentatif.

Pourtant, le désir des femmes n’est pas si différent du désir des hommes. Pour être dans le secret de quelques femmes, elles aussi sont touchées par la beauté de la force de l’âge . Quelque part dans la trentaine … Elles aussi se surprennent parfois à une pensée indécente devant la présence physique d’un beau jeune homme.  N’allez pas croire qu’elles n’ont pas d’imaginaire !! Et certaines ont tous les pouvoirs, l’argent, la carrière que les hommes ont à leur disposition.

Mais que faire de ces désirs inavouables ? Se les avouer entre femmes, mais après…. Pourquoi agissent-elles si peu comme les hommes ?

N’aller pas croire que ce n’est pas à leur portée. Beaucoup de jeunes hommes, comme les jeunes femmes, sont prêts à entrer en relation avec une femme plus agée qui comme les hommes avec les jeunes filles, les gâterait, les guiderait, les adorerait, leur ouvrirait des portes sociales et professionnelles. Ce ne sont pas les jeunes hommes qui manquent à l’appel….

Alors quoi ?

Après avoir eu une première famille (ce qui est aussi le cas des hommes qui se remarient avec des jeunes femmes), apaiser le besoin de séduire, mettre l’énergie ailleurs devient pour les femmes une éventualité possible.

C’est à ce moment qu’apparaît ce gain de liberté. Libérer du regard des hommes les femmes se désolent ou s’assèchent …. Ou elles s’épanouissent !! Libérer de la maternité, de la famille, elles ne disent pas l’indécent plaisir de la solitude, l’indécent plaisir de ne pas être attendue, l’indécent plaisir de faire ce qu’elles veulent de leur argent, l’indécent plaisir de mener leur vie à leur façon sans obligation autres que celles qu’elles choisissent. Elles en le disent pas. Elles le vivent.  Même dans les pays où les femmes ont très peu de liberté parfois l’âge est la disparition de la séduction leur permet une marge de manœuvre plus grande.

Bien sûr, comme Edit Piaf, certaines femmes n’ont de salut que dans l’amour (la dépendance ? ) mais l’amour a été un piège pour bien des femmes. Pour Piaf aussi d’ailleurs…

Camille Claudel, Zelda Fitzgérald,  pour ne pas parler de toutes ces petites femmes derrière un grand homme. Les femmes vivent encore aujourd’hui, la vie de leur homme. Elles vivent leurs rêves, leurs aspirations. Une jeune femme me disait tout juste hier que ce que son compagnon faisait dans la vie était plus important que ce qu’elle faisait elle sans égard à l’argent gagné.

Les hommes,  même de l’autre côté du milieu de la vie,  ont souvent de grands projets d’avenir. Les femmes qu’ils choisissent doivent les accompagner dans ce rêve.

J’ai longtemps vécu la vie de mon homme, avec bonheur la plupart du temps c’est vrai. Ses projets étaient devenus les miens. En les adaptant ici et là, il était convaincu que ses projets étaient les nôtres. Était-ce vrai ? À ce moment j’aurais juré que oui.

10 ans de vie en solo m’ont rendue à moi même. Aujourd’hui mes rêves sont les miens, mes projets sont les miens, ma vie m’appartient. 

On m’a depuis ce premier jour en solo offert bien des rêves. Certains étaient magnifiques. Ils avaient été créés pour moi et j’en remercie les auteurs et la vie pour les avoir mis sur mon chemin. Mais ce n’était pas les miens….

Bien sûr certains soirs, la solitude sera encore lourde à porter. Bien sûr, je reste convaincue que certains couples inventent leur vie à égalité. Ce sont des couples rares, de force égale qui souvent mettent leur énergie ensemble pour construire quelque chose.  Souvent, ils y croyaient déjà, l’un avant l’autre.

Vieillir pour une femme….un gain de liberté pour plusieurs…La premier pas est douloureux, car de disparaître de la vue des hommes est un dur sacrifice. Les premiers regards qui passent au dessus de votre tête sans même s’y poser un instant pour aller s’évanouir de désir sur la cuisse d’une jeunesse vous transpercent jusqu’à l’âme.  Puis vient la paix…dans le silence des yeux…la liberté d’être enfin !

Vieillir pour un homme…dites-nous messieurs… l'échange est ouvert...

Vieillir pour une femme – Réflexion rouge, première partie

 « Si, jeune, je savais que les garçons s’intéressaient à moi parce que , sans être belle, j’étais mignonne; quand les rides, la fatigue et la maladie ont marqué mon visage, j’ai connu le drame. Je me suis aperçue un jour qu’on me jouait la comédie de l’amour pour réussir, par intérêt. » Edith Piaf

Ce qui m’étonne encore et encore, c’est cette incapacité des femmes à croire en l’amour d’un homme plus jeune. À 46 ans, elle a marié Théo qui en avait 26.  Il est pourtant tellement courant dans notre société de voir le contraire.

Est-ce que ces hommes comme Piaf, ne croient pas en l’amour de leur jeune épouse ?  J’en doute. En fait, ils y croient profondément.  Ils ne semblent pas leur venir à l’esprit que les rides et la fatigue sont aussi leur lot.

Et cet amour « intéressé » qu’en dire ?

Les femmes ne le considèrent pas comme de l’amour, mais comme de l’intérêt. Comme si on devait aimer quelqu’un sans intérêt. Les hommes eux semblent le considérer comme une forme d’amour très acceptable et même valorisante. S’ils ont acquis tout ce qui est nécessaire, culture, argent, pouvoir, etc., pour qu’une jeune femme fasse fi de leurs rides et s’unisse à eux c’est qu’ils ont réussi.

Une femme de 46 ans qui attire comme Piaf un homme de 26 ans n’a t’elle pas, elle aussi, acquis, notoriété, culture, argent et ainsi à l’égal des hommes « réussie » si un jeune homme s’intéresse à elle ?

A moins que nous devions inverser les rôles et convaincre les hommes que les jeunes femmes ne les « aiment » pas, mais n’ont qu’un intérêt pour eux !

Cela semble assez futile comme réflexion, mais ce deux poids deux mesures dans nos manières de sentir la vie est important. Il représente pour la moitié de la population une « espérance de vie amoureuse » beaucoup plus courte que pour l’autre.  Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais elles vivent plus longtemps seules aussi. Le pouvoir de séduction d’une femme résidant en sa « beauté », la beauté étant fortement associée à la  jeunesse,  on parle de 18 à 40 ans …et encore ! De là on plonge dans le déclin, à moins d’accepter d’avoir recours à des moyens très invasifs comme le bistouri, les implants et patati et patata …et encore.

«La plus grande proportion d’unions où l’homme est plus âgé que la femme illustre l’opinion suivante : si l’un des partenaires est plus âgé, ce doit être l’homme. Cette attente est en fait un héritage d’un temps passé, où un mariage avait lieu seulement après qu’un homme a amassé suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins d’une famille. Dans de telles circonstances, il n’était pas rare que l’homme soit plus âgé que sa partenaire et, petit à petit, la tendance « homme plus âgé femme plus jeune » en est venue à constituer la « norme » acceptable. Les chercheurs estiment aussi que les attentes voulant que l’homme soit plus vieux que la femme font deux poids, deux mesures, où le vieillissement de l’homme est mieux accepté dans les valeurs de la société que ne l’est le vieillissement de la femme. »  G. Cowan, « The double standard in age-discrepant relationships », Sex Roles, vol. 11, nos 1 et 2, 1984, p. 17 à 23; Vera, Berardo et Berardo, op. cit. – Tiré de l’étude sur la différence d’âge dans les relations intimes des Canadiens de Statistiques Canada.

Si l’on suit la réflexion de Piaf et celles de G.Cowan, il est donc plus difficile pour une femme de vieillir.  Piaf pose un regard sur elle-même, Gowan parle du regard que la société pose sur les femmes.  Bien que ce soit deux choses distinctes, une grande part de notre regard est le regard de la société que nous intégrons.

Considérez-vous mesdames qu’il est plus difficile pour vous de vieillir que pour les hommes qui vous entourent  ?

Considérez-vous messieurs que vous vieillissez mieux que les femmes autour de vous ?

Je ne vous cacherai pas que mon regard est différent.  Étant femme en début de cinquantaine cette question m’interpelle. Mon regard sur le vieillissement des hommes et des femmes est différent du constat de Statistiques Canada bien que je sois consciente de cet état de fait. Mais je vais vous laisser venir me parler de vieillir et je vous en parlerai ….après…

Vieillir….Et puis après ???

14.01.2007

Les larmes des femmes

A mon ami Bernard, et à tous les hommes qui ne supportent pas le chagrin des femmes.

 

Elle est triste.

 Pire, elle pleure.

Lentement sur son beau visage s’écoule les larmes.

 Elle les laisse mourir au coin de sa bouche.

 Salées, amères et douces.

 

Qui a dit aux hommes que les larmes des femmes étaient leur péché ?

Qui a dit aux hommes que la vie devait se vivre sans larme ou sans colère ?

Pourquoi me priver du bleu et du rouge ?

Comment pourrais-je peindre si on m’ampute un bras ?

 

 Laisse moi mes larmes, elles ne sont pas cruelles.

 Laisse les couler sur mon visage, elles ne sont que vie, émotion, moment.

 

Clair de lune au soleil de mes rires, laissez les laver mon chagrin.

On ne traverse pas la vie comme un champ de blé en été.

Il y a des plaines arides, des déserts à traverser, des océans tumultueux.

 

Laisse moi pleurer ce n’est pas un drame.

 

13.11.2006

Qui est Virginia Woodhull ?

medium_12woodhull1port.jpg Qui se souvient qu’en 1870 Virginia Woodhull fut la première femme à présenter sa candidature à la présidence américaine ? Qu’à cette époque où les femmes n’avaient pas droit de vote, la candidature de cette femme recueillie  de vingt à trente mille votes d’hommes ?

« De ville en ville, elle parlait de liberté, de l’amour libre, du droit des hommes et des femmes à disposer d’eux-mêmes. »

Oratrice exceptionnelle, les foules se rassemblaient pour l’écouter pendant des heures. Issue d’une famille pauvre, elle s’est instruite par la force de sa curiosité, de son intelligence vive et a profité de toutes les portes que son charisme lui aura permis d’ouvrir. Première femme à affronter le monde de la bourse exclusivement masculin, elle fut courtier, s’enrichit puis fut ruinée et se rétablit une seconde fois.

Mais une femme qui clamait haut et fort le droit d’aimer librement qui elle voulait et surtout le temps qu’elle le voulait. Une femme qui réclamait pour les femmes le droit de quitter quand l’indifférence, ou pire, la haine, remplaçait l’amour dans un couple, en gardant leur dignité, c’est à dire en n’étant pas jugée ou traitée comme une prostituée et  en gardant leurs droits parentaux. Une femme comme ça….

« Victoria avait enfin compris que tout se paie et surtout la liberté, qu’être soi-même est un luxe, rester fidèle à ses convictions, une dangereuse perversion et écouter son exigence intérieure pour guider ses choix, une inadmissible transgression. »

136 ans plus tard ….

    • En République dominicaine, des rapports indiquent que dans les cas de violence contre les femmes, les agresseurs sont des partenaires ou d’anciens partenaires des victimes dans 40 à 68 % des cas. En Géorgie, on rapporte que 50 % des familles connaissent une certaine forme de violence conjugale. En Inde, les statistiques indiquent que 14 femmes sont tuées chaque jour par les familles de leur mari
    • D’après un rapport de 2002 de l’Organisation mondiale de la santé, des études en Australie, au Canada, en Israël, en Afrique du Sud et aux E.-U. ont montré que 40 à 70 % des femmes qui ont été assassinées l’ont été par leurs partenaires intimes, normalement dans le contexte d’une relation abusive. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) rapporte qu’au Royaume-Uni, 40 % des victimes féminines d’homicide ont été tuées par leur mari ou leur petit ami.
    • Une étude réalisée en Suède a constaté que 70 % des femmes avaient connu une certaine forme de violence ou de harcèlement sexuel. Les statistiques des Pays-Bas montrent qu’environ 200,000 femmes sont soumises chaque année à de la violence de la part de leurs partenaires intimes.
    • Il a été rapporté que 6 femmes sur 10 au Botswana sont victimes de violence conjugale, tandis qu’en Moldova, on rapporte que 31 % des filles et des jeunes femmes (16-19 ans) ont été soumises à de la violence sexuelle.
      • Tiré du site de l’Onu.

La liberté a toujours un prix, trop souvent celui du sang. Etre soi même est encore un luxe inaccessible ….et nous ne parlerons pas du prix de la transgression.  Quelques femmes dont celles qui habitent le Québec, les Etats-Unis et une partie de l’Europe peuvent aujourd’hui aimer qui elles veulent et pour le temps que l’amour dure, mais leurs amours sont encore encadrés de normes non dites. Les femmes qui vivent leur vie de façon plus marginale doivent toujours la vivre discrètement. Elles sont toujours plus vulnérables que les autres car en cas de brutalité leur « passé de femme volage » sera toujours retenu contre elles, par les hommes et par les autres femmes.

J’ai rencontré cette biographie de Virginia Woodhull par le hasard d’une librairie de livres usagés. Je l’ai acheté, curieuse de la vie de cette femme d’un autre siècle. C’est consterné que je constate qu’il est encore autant d’actualité au plan de la situation des femmes dans le monde d’aujourd’hui.  Inutile de vous dire que cette femme a subi procès sur procès sous les prétextes les plus fallacieux, dont sûrement le plus original est d’avoir utilisé la poste américaine pour diffuser des obscénités. Elle mourut en Angleterre à l’age de 89 ans.  Même l’histoire a oublié son nom.

Je suis une humaniste. Chaque injustice qu’elle soit faite à une femme ou à un homme est une injustice de trop mais quand en 2006 on essaie d’établir un bilan des conditions de vie des femmes dans le monde, on fait de brutales prises de conscience. La liberté des hommes a, elle aussi, un prix et je n’ai pas la prétention de croire qu’ils sont beaucoup plus libres que les femmes car comme disait si bien Yoyostério dans son commentaire …quand les femmes sont en prison, les hommes sont en cages.  

Le jour de sa mort, on trouva auprès de son corps une feuille de papier sur laquelle était inscrit :

« Il y a un bonheur supérieur à celui de commander au monde, c’est celui de n’obéir à personne. »  Virginia Woodhull.

Les citations en italique sont extraites de  Victoria la scandaleuse J.P.Feuillebois & N. Blondeau. Les statistiques du site de l’Onu.

12.11.2006

"Que les jeunes filles...

qui persistent à vouloir étudier, le font au péril de leur vie. "  citation du téléjournal de ce soir à Radio Canada à propos des jeunes filles afghannes.

Je suis une femme libre. Libre d'étudier, de travailler, d'écrire, de peindre, de faire de la politique, d'aimer, de ne pas aimer, de faire l'amour mutuel et consentant, de voyager, de choisir ma vie.

Ailleurs dans le monde, il y a des femmes ....

Qui n'apprendront jamais à lire ou à écrire

Qui ne pourront jamais marcher seule dans la rue

Conduire leur voiture

Choisir un compagnon de vie

S'instruire

Voter

Choisir

Des femmes qui n'existent pas.

 

Pour elles ...

 Quand le sang ruisselle entre tes jambes, je sais ce que tu sens. Quand la tête de l'enfant y fait son passage, je sais les chairs écartelés qui donnent la vie. Quand il boit le ciel à même tes seins, je sais ce que tu ressens.

Derrière ce regard qui se pose sur l'enfant, derrière ses paupières, il y a le même regard que moi. Le même amour, la même vie, le même courant qui provient de la terre et traverse tes pieds. Le même pouvoir, celui qui donne la vie.

Mais la ressemblance s'arrête là.

Tu ne te perdras jamais un soir dans les lignes de Nancy Houston ou de Georges Sand. Tu ne suivras pas en souriant les aventures d'Anais Nin. Tu ne marcheras jamais dans un jour de soleil, le vent sur ta peau, te sachant belle, te sachant femme. Tu ne jouiras jamais du regard d'un homme sur ta beauté. Ce qui est pour moi bonheur, est pour toi malheur. Il suffit que l'un d'entre eux te remarque et tout peut arriver.

Toi, cette femme que je ne connais pas, mais dont je partage la peau, tu sais des violences que je ne sais pas. Pire on t'as dit qu'elles étaient de ta responsabilité, que c'était à toi de les éviter.

Parfois, ailleurs, sur cette terre que l'on dit nôtre, tu vois tes enfants mourir de faim, impuissante. Les seigneurs de ce monde s'affrontent c'est toi qui paie.

On te vends

T'échange

Te loue

Te marie

Te fait des enfants

Te bats

Te viole

Te tue.

Et moi, pour toi,  je ne sais que pleurer...

 

" Au moins une femme sur trois dans le monde a été battue, forcée d’avoir des rapports sexuels ou brutalisée d’une autre manière au cours de sa vie. Elle connaît généralement l’auteur de ces sévices.En 2002, le Conseil de l’Europe a déclaré que la violence contre les femmes était un problème prioritaire de santé publique et une cause principale de décès et de handicap pour les femmes entre 16 et 44 ans"   plus que le cancer.... 

en savoir plus  http://www.un.org/french/events/tenstories/story.asp?stor...