04.02.2008
Lecture - L'élégance du hérisson
Je partage des correspondances qui m'enrichissent. Je vais en partager quelques unes avec vous, après les avoir rendues anonymes pour mes amis (es) évidemment (et leur avoir demandé la permission).
Certaines portent sur le plaisir de partager nos feelings de lectures. En voici une :
L’élégance du hérisson Muriel Barbery
Bien sur c’est surement un chef d’œuvre. Bien sur l’histoire est d’une grande beauté. Mais…….il y a un mais.
Je sais que tu aimes les belles histoires comme "Ensemble c’est tout" histoires qui parfois me déçoivent un peu quand elles sont trop miraculeuses. Alors là je suis servie dans ce livre où à la toute fin, .... (je ne peux pas vendre le punch aux lecteurs de ce blog ) ... comme dans la vraie vie ! Bien sur la jeune fille est touchée mais …ca ne rachète pas la fin. Ceci dit c’est une fin qui m’a plu.
D’autres parts…….je t’avoue que j’ai eu de la difficulté à me rendre à la page 100 de ce livre. Si ce n’était de ton enthousiasme je l’aurais fermé définitivement avant. Je t’explique …….
Je ne suis tout simplement pas assez cultivée pour vraiment apprécier ce livre. Je ressens cela aussi quand je lis l’érudit Umberto Eco mais il y a une grande différence.
Passe encore le très français : « soumaintrain » dont on peut déduire que c’est un fromage puisqu’elle l’achète chez le fromager avec le parmesan. Fromage que l’on ne fabrique que dans l’Yonne et que tous les français ne doivent pas connaître (ça je l'ai trouvé dans le dictionnaire). Bien sur un auteur québécois a le droit de parler du kenogami dans un roman, au lecteur de se débrouiller. Mais si le texte est truffé de référence aux Respectables, à Remy Girard, aux films magnifique de Francis Leclerc, (souviens toi - Une jeune fille à la fenêtre) ne perd il pas de son universalité ?
Heureusement quand elle pénètre plus avant dans le cœur des personnages, après l’apparition de M. Ozu, elle cesse un peu de référencer et devient plus proche des sentiments universels. A ce moment là, d’un livre de tête on passe à un livre de cœur.
Ceci dit :
A la page 334 j’ai regretté amèrement de n’avoir pas vu « Black Rain » et d’être ainsi dans l’impossibilité d’imaginer la lumière dans ce restaurant.
A la page 339 je n’ai pas pu résister…j’ai sorti dictionnaire et internet …
« Ça, c’est du Eminem. Je confesse que, au titre de prophète des élites modernes, il m’arrive d’en écouter quand il n’est plus possible d’ignorer que Didon a péri. »
Eminen est un chanteur de rap….mais comment faire le lien avec cette Didon qui a choisit de mourir sur le bucher plutôt que de vivre sans son grand amour Enée ? Je me le demande encore.
Comme tu vois…pour moi…il n’y avait qu’une manière de lire se livre, soit en prenant quelques semaines de congé et en essayant de comprendre les références ou en sautant par dessus pour lire « l’histoire ». Ce que j’ai du me résoudre à faire malheureusement n’ayant plus de vacances disponibles.
J’aimerais avoir la culture pour me permettre d’appréhender un tel livre dans toute sa richesse. Pourtant tu vois, je n’ai pas honte de mon inculture. Je sais qu’elle est toute relative. Cette culture est très belle, simplement, elle n’est pas la mienne. Elle est tellement présente dans ce livre, qu’elle m’a paru comme des indications sur le chemin dont je ne saurais lire la langue. Bien que je savais que j’étais sur le bon chemin, je me suis longuement demandé, tout au long de ma lecture en fait, si le livre aurait été différent si j’avais pu en saisir tous les référents.
Je me suis aussi, sentie un peu stupide tout au long de ma lecture, de ne pas comprendre tant de références dans ce livre. Ce n’est pas une émotion agréable mais on ne peut pas la nier sous prétexte qu’elle ne nous plaît pas.
Tu es à lire Barucco qui est italien et pourtant je ne crois pas que tu ressentiras le moindre inconfort à pénétrer son univers. Barucco m’ouvres les portes de son univers. L’élégance du hérisson même avec beaucoup de bonne volonté, des dictionnaires et internet à portée, m’a laissé sur le palier d’un univers. Un peu plus et il réussissait à réactiver mes complexes de colonisée …comme si le français c’était ce français là. Pourtant il y a longtemps que je sais que le français est une langue vivante et qu’elle est aussi belle sous un ciel d’Afrique que sous celui glacé du Québec. Quant à celui de la France, il a sa propre beauté mais ne possède pas la vérité. Au travers tant d’élégance et de références culturelles on découvre …qu’elle va aux waters !!
« Dis moi Mariko, pourquoi les monts de Kyoto sont-ils violets ?
C’est vrai. On dirait du flan d’azuki. »
Tu sais qu’azuki n’est pas dans le dictionnaire mais internet dit que ce sont des haricots rouges. Alors va pour la référence au violet…mais dommage tout de même pour le dictionnaire du scrabble.
Umberto Eco …est un érudit de haut vol. Chaque fois que je me suis aventurée dans son univers je me suis sentie très inculte mais chaque fois que j’arrive à percer à jour, l’un des référents qui m’est inconnu dans son écriture, je me suis sentie m’approcher de plus de compréhension de l’âme humaine. Dans L’élégance du hérisson, l’âme humaine est bien présente, elle est écrit en claire et peu être comprise autant par une africaine qu’une québécoise, c’est l’univers autour qui est comme une jungle française. Plus ou moins impénétrable …sans l’équipement adéquat.
J’espère que tu ne m’en voudras pas de mon enthousiasme mitigé. Comme je l’ai dit plus haut c’est un chef d’œuvre sans l’ombre d’un doute…..mais …
21:35 Publié dans Sorcière à Lunettes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lectures, correspondance, culture

