11.06.2008

Être là

Être là

   Mes voix se font moins pressantes. Il y a moins à dire. Les mots tombent dans le silence, s’y suicident par insouciance. 

Marcher dans le matin, en faire partie. Mêler mes pas au bruit du balai mécanique. Mêler mon parfum à celui du pain. Faire partie.

 

Mes neurones se taisent. Mes sens s’éveillent. Ils s’étirent en tout sens. Suivant la piste d’un frisson, celle d’une odeur d’été.

 

J’ai moins à dire et tant à faire. Fi de la séduction, toute entière dans la rencontre. Celle du passant, de la vieille dame à l’épicerie, du touriste dans le port de ma ville

 

Je suis le monastère de mon silence. Il habite sans cesse un coin de mon bruit.  Je sais maintenant qu’il est un abri. Je lui fais confiance. Je le quitte et je marche sur la route à la rencontre de l’autre. Rencontre de l’amitié, de l’empathie, de l’altérité. Car je sais qu’il est là, dans ce coin de moi, ce silence que je peux habiter.

  Je ne suis plus une personnalité, je suis personne. Ma vie n’a rien de personnel, elle est humanité, communauté de gènes et d’atomes, de peurs et d’amour. 

Je suis là …

31.10.2007

Il était une fois ... ou sorcière à deux voix

Un soir d'Halloween sans histoire de sorcière c'est comme un hiver sans neige...

Il était une fois une sorcière sans voix. L'histoire dit que c'est une autre sorcière qui lui avait volé. Mais vous savez ce que disent les histoires n'est pas toujours bon à croire.

Je disais donc, il était une fois, une sorcière sans voix.  Son coeur était plein de la joie de chaque battement mais elle n'arrivait plus à l'exprimer. Les sensations, les émotions, les frissons, les larmes, les vibrations, tout cela s'accumulait sous la peau de la sorcière. On pouvait voir qu'elle avait changé ces derniers mois. Le changement était subtil, à peine perceptible. Certains disaient "une sorte de transparence" d'autre disait qu'elle commencait à ressembler à un silence. Mais tous s'inquiétaient un peu, il ne pouvait rien sortir de bon de cette accumulation sous la peau. On sentait qu'elle se tendait comme la peau d'un tambour.

Un jour elle se mit à résonner. Il suffisait de la froler pour qu'elle s'étale en onde dans le silence autour. Quand elle marchait, chaque fois que son talon touchait le sol, se répandait des ondes sourdes qui chatouillaient la plante des pieds de ceux qui étaient debout sur le même plancher. Quand c'étaient ses orteils qui à leur tour touchaient le sol, on aurait dit des centaines de fourmis qui grimpaient sur les jambes des gens.

Plus elle perdait la voix, moins elle avait de mots, plus avait de joies et ces joies se transformaient en ondes semant sur leur passage désordre, surprise et sourires.

Je voudrais bien vous raconter la suite, mais il faudrait pour se faire que vous soyez debout, là tout juste à côté...

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08.07.2007

Festival d'été de Québec

Je vous reviens aussitôt que je peux...en attendant :

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07.05.2007

Les oies

Chaque année, elles reviennent. Elles annoncent le printemps et c'est avec joie qu'on les voit traverser notre carré de ciel.  Mais au-delà de cela....

Les oies blanches sont un symbole de courage, de partage. C'est grace à leur manière de se protéger les unes et les autres qu'elles arrivent à parcourir de si grandes distances. Tour à tour, les plus vieilles prennent le devant et guident les autres, puis se placent derrière pour profiter du déplacement d'air.

Les oies blanches, symboles de pureté et d'innocence, n'hésitent pas à enfoncer leur jolie tête dans la boue des grèves.

Je marche avec toi,
Si proche et si loin à la fois
Chaque vie est une histoire de courage
Un miracle, une folie
Alors que deux se croisent !
Je marche avec toi
Donne moi la main
Chaque vie est une histoire de foi
Un désir, un envie
Alors que deux s'oublient
Je marche avec toi
La vie
Il était une fois ...
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04.05.2007

Premier vendredi

Premier matin de tous les vendredis de ma vie.

Quel bonheur que ce café devant mon écran. Le soleil se lève doucement à la fenêtre. La journée sera magnifique. C'est vendredi. Je ne travaille pas. Je ne travaille plus les vendredis.

et doucement...j'ai le temps...de laisser mon coeur se perdre dans mes pensées... Le temnps est un luxe incroyable et savoureux.

 Je ne cultive pas les regrets ou les espoirs, se sont des fleurs trop amères pour moi. Je soigne plutôt les pensées et les instants dans mon jardin.

Je vous offre celui ci ...avec le café du matin. D'un premier matin d'une longue série de vendredis pour écrire, pour peindre, marcher et aimer.

Bonne journée.

Jeanne va vous ramener des photos d'oies blanches de ce vendredi.

13.02.2007

Tempête de neige

J’aime les tempêtes. Quand la nature se déchaîne. Bien sur c’est la faute d’un homme, comme chacun des battements de mon cœur. C’est la faute de mon père qui me les a appris.

Il faut sentir la fébrilité, juste avant…quand quelque chose d’indéfinissable sent…odorat…ozone en été…je ne sais quoi en hiver…

Le vent…il faut sentir le vent et surtout l’écouter… Celui qui vient du nord, parfum de banquise… J’aime le bruit de la tempête… La neige qui efface la vie comme une gomme.

Page blanche…aime moi.. Page blanche…écris moi .. Je te donnerai un pinceau et de l’encre noire pour que tu graves ton nom sur ma peau. Je te donnerai une plume à la pointe acérée pour y faire naître une fleur de sang. 

J’aime les tempêtes. J’aime être blotti quelque part au chaud et les regarder passer.

Mais j’aime aussi …m’y  glisser. Habillée comme une femme du désert, car la neige et le sable ne sont pas si différents, je sors dans le blanc.  Je marche le front baissé, obstiné, dans le vent.

Dans un tourbillon, je lève la tête. Les yeux aveuglés, le paysage familier que l’on ne connaît plus. Tout ce blanc, tout ce blanc…où l’on pourrait écrire ou peindre.

Un jour, il y a longtemps, j’ai vraiment failli me perdre dans une tempête, en motoneige. Plus de repère, impossible de savoir où était la maison, devant, derrière ?  La nuit qui tombe.  Mon fils derrière…si petit.

J’avoue que dans ce moment, j’ai trouvé un mot pour dieu, moi l’incroyante. Laisser moi ramener mon enfant… Une lueur…un instant entre deux bourrasques de vent… C’est là devant…

J’aime les tempêtes…demain, j’irai m’y promener…à pieds…et sans enfant 

15.09.2006

Ma vie fait du bruit

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Ma vie fait du bruit.

 

Quand on est en voyage, on referme la vie autour du voyage. Loin des nôtres, de nos obligations, de nos plaisirs habituels, on vit ce temps comme une bulle.  

 

Partir…

 

Mais encore faut-il revenir …

 

Ma vie fait du bruit et j’aurais envie de silence. Ma vie est composée d’éclat de verres qui en font les dessins. Elle tourne dans la lumière.

 

Le téléphone, les messages, les dîners, les soupers (n’en déplaisent à la France, ici on soupe), ma vie tourbillonne. Mais je sais que tout va se calmer, peut être même trop.

 

J’essaie de prendre pied.

 

Ce soir, plaisirs de mamie.

 

Cet automne plaisirs d’auteur mais je vous en reparlerai.

 

Jeanne

09.09.2006

Dernier texte de voyage

Nice...la capitale du sein!  Non pas du saint mais bien des seins. Petits, gros, on les porte haut ou bas mais toujours devant et la plupart du temps naturel !  Je crois que de ma vie je n ai jamais vu autant de femmes et elles sont belles les francaises et les italiennes ici. 

Le plus joyeux c est qu elle vieillissent bien et assument bien. De belles dames dans la soixantaine en petit chandail sans soutien gorge ... 

Le voyage acheve. Ce clavier la n a pas d accent...ni francais ...ni canadien. Je retourne dans ma tanniere de sorciere au quebec, la tete pleine de couleurs et d images. Le coeur plein de mots aussi....

L automne sera fertile je le sens bien...........

a bientot...de chez moi avec mon clavier et mes photos.

 

Jeanne xx

06.09.2006

Entre la Loire et Carcassonne

Entre la Loire et Carcassonne, il y a eu la Bretagne, Cognac, Biarritz et Cahors. Mais il y a plus que cela. Il y a vivre et mourir, vieillir et aimer. Il y a maintenant et demain.  Il y a aimer et ce que l’on prétend être de  l’amour. Il y a nos limites et nos incapacités. Il y a surtout J tous ces vins …du Sancerre transparent et léger au Cahors odorant et puissant qui stimulent la réflexion J

 

Tous ces vins qui vous enchantent plus qu’ils ne vous enivrent comme l’escalier de  Sacha Guitry …

 

Le voyage est mystique et intérieur autant que culturel et nourriture de l’esprit. Le voyage est toujours quelque part un rendez vous avec soi.

 

Quand un Brouilly vous embrouille comment dire sans rire que la vie est un jeu qui m’enchante.  Je m’ennuie de vous tous et en même temps je suis très bien où je suis. Est-ce cela que l’on nomme ubiquité ? Cette capacité d’être ici et là à la fois ?

 

Riez que vos rires montent vers le ciel, telle une prière. Dieu est insensible aux larmes, tant de guerres l’ont bien prouvé, mais peut-être que quelque part sous un ciel étoilé, une sorcière entendra votre rire prière et que vous serez exaucé….

 

Qui sait ?

 

Pas moi.

 

Parole de sorcière.

 

Quelques photos

medium_eglise_Loire_084.2.jpgPetite Église dans la Loire

 

 

 

medium_chateau.jpgPetit chateau en Bretagne

 

 

 

medium_Cirque_laPopie.2.jpgSt Cirque La Popie

 

 

 

 

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