25.03.2007

Fin de campagne

Voilà c’est terminé. Demain les québécois vont se prononcer. Tout ce qui devait être fait a été fait.  Ce soir je sens le parfum du spleen qui flotte. Le téléphone va se taire et je vais recommencer à parler d’amour.

Tout à coup, le chant de la fontaine se tait. Il aura accompagné mes nuits durant ces semaines intenses. C’est une nuit sans lune. Les fenêtres éclairées de l’éclat jaune des lampes de chevet se font rare. Il fait silence ici aussi.

J’ai vêtu une robe noire, tout simple. Je vais toujours pieds nus.

Ce soir, je ne vais pas m’asseoir sur le banc de pierre. Je vais errer d’une rue à l’autre, d’une ruelle à une impasse. Perdre mes pas …

Je voudrais rencontrer une évidence. Une évidence comme on rencontre des yeux bleus ou verts ou noirs. Rencontrer une évidence, ne pas me demander pourquoi il marche à mes côtés. Juste tourner la tête un peu et le voir là. Ne pas me demander s’il sera là demain, vivre l’évidence. Ne pas être pressée de tout connaître, de tout savoir, juste entendre l’évidence.

Je voudrais rencontrer mon évidence. Peut être erre t’il quelque part la nuit ? Peut être vient il d’une autre vie ? ou danse t’il dans la prochaine ?  Je sais seulement que lorsque l’évidence est là, on ne peut pas la nier, on peut que la vivre pour ce qu’elle est.

L’amour peut-il être facile ?  Peut il s’imposer comme une nécessité ? 

Je voudrais rencontrer une évidence comme on rencontre un ami au croisement de deux routes. Croiser ses yeux. Aller s’asseoir dans un café. Chuchoter, puis éclater de rire.  L’embrasser sans réfléchir, une main qui se pose sur une autre sans demander, sans questionner, juste se pose comme un papillon sur une rose.

Ouvrir les yeux dans une autre nuit que celle de ce blog, et dans le noir, juste apercevoir son visage. Ne pas m’étonner, simplement sourire, approcher un peu et refermer les yeux.

Mes pas perdus sont achevés. Les lumières s’éteignent aux fenêtres. Je ferme les paupières, un signe de tête, pour saluer, pour dire merci. Merci du chemin parcouru ensemble dans mes nuits qui sont tout près de vos aubes.

Dernière lumière, dernière fenêtre, noir, fondu….

Silhouette noire, jambes nues, les pieds contre les pavés, elle s’avance dans la nuit…

20.03.2007

Pour la derniere semaine de la campagne

J'irai mettre mes écrits sur le site du Parti .... http://www.quebecvert.org/fr/blog/ 

 Puis retour ici et grand ménage du printemps...

Jeanne

15.03.2007

Jour -10 ... un soir particulier

« Il faut que la volonté imagine trop pour réaliser assez. » Gaston Bachelard

Jour -10 de la campagne …

Avoir un idéal. Confronter cet idéal à la réalité. Réconcilier les deux. On confond souvent le fait d’avoir un idéal avec le sens des valeurs. Vouloir  un monde meilleur, des humains qui s’entraident, plus d’équité,  mais avoir un idéal c’est aussi tendre vers la réalisation de soi à l’intérieur de ce sens des valeurs.  Réconcilier idéal et réalité c’est s’exprimer dans des actions à sa mesure.  Penser idéalement, agir modestement.

Jour – 10 de la campagne.  Ce qui me frappe c’est tous ces gens qui justement rêvent d’un eux plus grand que nature et qui ose agir modestement pour lui permettre d’éclore. Jour après jour durant cette campagne je vois des gens qui se dépassent. Des gens qui imaginent. Des gens qui réalisent.

Où étions-nous au matin de notre adolescence ?  Dans quel rêve, quel idéal, notre imaginaire se plaisait-il ? Car il faut imaginer beaucoup pour faire un peu.  Dans cette période tout juste avant nos vingt ans, où tout semblait possible, à quel idéal croyions nous ? 

Ce jour -10 de la campagne, est un jour spécial pour moi. Un jour que je n’oublierai pas. Ce soir, lorsque sonneront les douze coups de minuit, à défaut de me changer en citrouille, je deviendrai cinquantenaire. Un demi siècle, un sacré tour de manège…ça donne le vertige non ?

Mais ce soir aussi, je vais mettre ce texte sur mon blog personnel, où me suivent ceux qui connaissent l’écrivaine et la peintre. Je vais le mettre sur le site du Parti vert qui occupe toutes mes pensées depuis un mois. Je vais le faire suivre à ceux qui travaillent avec moi, qui sont mes clients, mes collègues qui connaissent la rationnelle.

Ce soir à quelques heures de ma cinquantaine, je n’ai qu’un seul discours. Il réconcilie l’artiste, la consultante, la militante et l’amoureuse. Ce n’est ni un discours politique, ni un discours artistique, ni même un discours rationnel, c’est un discours écologique car il me permet de vivre en intelligence avec toutes les facettes de ce que je suis.

On peut conjuguer l’idéal et la réalité, je l’ai sous les yeux depuis un mois. On peut dépasser ce que l’on avait imaginé.

Marcher toujours un pas devant soi.

Il y 10 ans je demandais à la vie de mettre un complice sur ma route.  Je manquais d’imaginaire, elle m’en a mis cent, cent huit, et quelques centaines de plus, qui comme moi rêvent grand et agissent modestement.  Au premières heures de ma cinquantaine, je me sens là où je dois être, et pour les 10 prochains jours c’est avec cette équipe d’idéalistes réalistes, à qui, un par un, je lève mon chapeau !

Merci de votre courage, merci d’avoir un idéal, merci d’être là.

Avançons c’est Vert …

Jeanne

Vice présidente Parti Vert du Québec (mars 2007)

02.03.2007

Jour de campagne annulé

J'aime les tempêtes de neige. Presque tous les québécois les aiment en fait. C’est un moment particulier dans nos hivers. Une pause obligée dans un monde qui va trop vite. Une tempête de neige on la prévoit. Quelques jours avant, la plupart du temps, et dès la première annonce, les gens commencent à en parler.

Tu as vu, on nous annonce une tempête pour vendredi !

Oui mais on est seulement mardi, ils ont le temps de changer d’idée.

Et c’est parti.  S’il fait tempête moi je fais ceci …et zut nous nous avions prévu d’aller faire la farniente dans Charlevoix…oui mais peut être que …

Elle est déjà là. C’est qu’on les connaît bien ces tempêtes blanches qui nous visitent depuis notre plus jeune âge. Alors on les imagine d’une fois à l’autre. Oui tu te souviens c’est comme celle qu’on a eu en 70 … On les espère, on les attend, parfois quand on doit absolument se déplacer, on les redoute. Dès le matin prévu, on ouvre les rideaux…ça y est…elle est là…

Une tempête de neige ça habite toutes les dimensions. Il y a comme un parfum. C’est un parfum froid, humide, on dit ,ça sent la tempête …En fait comme les orages d’été que vous connaissez et dont on sent l’ozone. La tempête de neige a son parfum bien à elle. Comme un parfum de métal froid, difficile à rendre avec les mots.

Une tempête c’est bruyant. On entend le vent dans les arbres. On l’entend caresser les maisons, les bousculer parfois. Il y a la neige qui frappe les fenêtres en rafales plus ou moins espacées.

Une tempête de neige ça se voit. C’est comme un rideau de blanc qui tombe du ciel. On n’y vois plus à 100 ou 200 mètres et parfois moins. Ce sont des tourbillons de neige qui repartent vers le ciel, soulevés par le vent. La lumière est remplie de flocons blancs et la nuit, les réverbères les font paraître indénombrables. Dans les phares des voitures, les flocons courent au suicide.

Si vous étiez avec  moi, vous de vos bouts du monde, je vous amènerais avec moi  dans la tempête.  Nous partagerions le plaisir de la caresse sauvage du vent sur les visages. Vêtus comme des touaregs des neiges, avec des fentes pour les yeux, nous marcherions dans cette matière blanche plus dense que les nuages mais moins que le sol. La respiration chaude qui s’accumule dans le foulard froid … les cils qui se chargent doucement du poids des flocons qui s’y collent …le front qui se courbe naturellement vers le sol…

Une tempête de neige c’est aussi ça, humilité et impuissance. Plaisir de l’impuissance, farniente sans culpabilité. Si tout les gens que vous aimez sont bien à l’abri, serrer contre vous autour d’un feu de cheminée . La journée s’écoule doucement, comme au ralenti. Tout ce qui était prévu est annulé. On ferme les écoles. On sort les films, les livres, tous on se colle l’un contre l’autre dans cet espace de repos imprévu.  De temps à autre, on regarde par la fenêtre…Tiens on dirait que ca ralenti et bien …elle aura été moins grosse que prévue.

Une tempête de neige, c’est aussi des conditions de route difficile et parfois des accidents tristes mais ce n’est pas une catastrophe naturelle. Ca fait partie des conditions climatiques normales de mon pays. Tous les québécois on des souvenirs de tempêtes plus précieux les uns que les autres. Souvenirs de courage, ou souvenir de douceurs blanches, souvenirs de frustration ou de bonheur inattendu mais souvenirs de tempête de neige.

Une tempête c’est aussi un après.  Comme un grand silence à la fin d’un concert. Les gens sortent. Ils se parlent de la tempête. Ils sortent leur pelle …Tout est blanc, le temps est doux habituellement.  Les gens marchent au milieu de la rue, les trottoirs ne sont pas dégagés encore.

Tiens on dirait bien que celle-ci se calme. Il neige à peine. Le vent se tait…

La fontaine de JeContacte murmure toujours. La bohémienne a enlevé ses souliers et y trempe ses pieds. Elle se tait. Dans sa tête, il y a de belles images, d’une autre vie, d’un autre temps. Des images de tempêtes blanches….

28.02.2007

Dictionnaire de campagne

Vie privée : Quelque chose qui vous arrive entre 23:30 et 23:31

 

Sommeil : Sorte de coma entre 23 :32 et 06 :00

Amant :  page arrachée du dictionnaire ??

Ami : quelqu’un de très patient et qui a une bonne mémoire pour enregistrer votre visage

Repas : quelque chose de vert dans une boite de métal

27.02.2007

Jour 7 ...

Je sais ...je vous néglige affreusement !  Je vais revenir ...c'est une promesse et pas de politicienne !

 En attendant, je vous embrasse. Vous n'aurez pas tout perdu. xx

22.02.2007

Jour 2 - pourquoi ...

Jour 2 - Symphonie de sonneries.

Le jour se couche et le silence est comme un abri. 

 Le beaume de la journée : Tout d'abord je veux te dire que tu es ma source d'inspiration....

Merci ! Je ne vis que pour inspirer...

 Le mauvais coup de la journée... J'ai du m'absenter de mon travail,  mon téléphone était trop dérangeant...

 

Un jour à la fois....

21.02.2007

Jour 1- les hauts et les bas d'une campagne politique

Jour 1 de la campagne.

Excitation et doutes

Voilà j’ai présenté les candidats (es) de mes circonscriptions aux journalistes.  

Première expérience… Intéressante et difficile en même temps.

Il faut savoir jouer le jeu en restant détachée. Ne pas embarquer dans le jeu des 8 erreurs… J’ai dit ceci …ou cela….

Le bon coup de la première journée… Une candidate de plus !

Le mauvais coup de la journée … J’ai dit que les femmes du Québec voulait que les hommes fassent le Québec à leur façon à elle. Fait le monde pour moi …  Une gaffe …je ne sais pas…en fait je le pense…

On verra bien ce qui en retombera.

Je vais dormir.