07.09.2008

Il faut parfois que la vie s'arrête...

Que la vie s'arrête pour lui donner un sens. Il faut parfois la sentir bien plus grande que soit, pour s'y sentir intégré. Il faut parfois suspendre sa respiration pour écouter les poumons du monde. Il faut parfois juste être là, comme un spectateur du monde autour ...

Puis faire le pas et entrer en scène. Vivre sa vie au rythme du ciel immense, vivre sa vie à chaque battement de coeur, vivre sa vie loin des pensées qui nous désincarnent, vivre sa vie dans la certitude impossible d'un nouveau jour à venir.

Vivre sa vie...

 

07.04.2008

Vieillir pour une femme – Réflexions rouges foncés – Partie 2

Il y a dans le fait de vieillir pour une femme, un gain de liberté !

Très peu de femmes ont le courage (ou un assez grand besoin) de faire face au ridicule en essayant à 50 ans et plus de séduire des hommes dans la trentaine. Peu importe les résultats. Peu importe les cas particuliers. Au Canada (voir message plus bas) plus de 15 % des couples sont constitués d’hommes ayant 15 ans et plus que leur épouse.  Le cas s’inverse si rarement que Statistiques Canada dit qu’il n’est pas représentatif.

Pourtant, le désir des femmes n’est pas si différent du désir des hommes. Pour être dans le secret de quelques femmes, elles aussi sont touchées par la beauté de la force de l’âge . Quelque part dans la trentaine … Elles aussi se surprennent parfois à une pensée indécente devant la présence physique d’un beau jeune homme.  N’allez pas croire qu’elles n’ont pas d’imaginaire !! Et certaines ont tous les pouvoirs, l’argent, la carrière que les hommes ont à leur disposition.

Mais que faire de ces désirs inavouables ? Se les avouer entre femmes, mais après…. Pourquoi agissent-elles si peu comme les hommes ?

N’aller pas croire que ce n’est pas à leur portée. Beaucoup de jeunes hommes, comme les jeunes femmes, sont prêts à entrer en relation avec une femme plus agée qui comme les hommes avec les jeunes filles, les gâterait, les guiderait, les adorerait, leur ouvrirait des portes sociales et professionnelles. Ce ne sont pas les jeunes hommes qui manquent à l’appel….

Alors quoi ?

Après avoir eu une première famille (ce qui est aussi le cas des hommes qui se remarient avec des jeunes femmes), apaiser le besoin de séduire, mettre l’énergie ailleurs devient pour les femmes une éventualité possible.

C’est à ce moment qu’apparaît ce gain de liberté. Libérer du regard des hommes les femmes se désolent ou s’assèchent …. Ou elles s’épanouissent !! Libérer de la maternité, de la famille, elles ne disent pas l’indécent plaisir de la solitude, l’indécent plaisir de ne pas être attendue, l’indécent plaisir de faire ce qu’elles veulent de leur argent, l’indécent plaisir de mener leur vie à leur façon sans obligation autres que celles qu’elles choisissent. Elles en le disent pas. Elles le vivent.  Même dans les pays où les femmes ont très peu de liberté parfois l’âge est la disparition de la séduction leur permet une marge de manœuvre plus grande.

Bien sûr, comme Edit Piaf, certaines femmes n’ont de salut que dans l’amour (la dépendance ? ) mais l’amour a été un piège pour bien des femmes. Pour Piaf aussi d’ailleurs…

Camille Claudel, Zelda Fitzgérald,  pour ne pas parler de toutes ces petites femmes derrière un grand homme. Les femmes vivent encore aujourd’hui, la vie de leur homme. Elles vivent leurs rêves, leurs aspirations. Une jeune femme me disait tout juste hier que ce que son compagnon faisait dans la vie était plus important que ce qu’elle faisait elle sans égard à l’argent gagné.

Les hommes,  même de l’autre côté du milieu de la vie,  ont souvent de grands projets d’avenir. Les femmes qu’ils choisissent doivent les accompagner dans ce rêve.

J’ai longtemps vécu la vie de mon homme, avec bonheur la plupart du temps c’est vrai. Ses projets étaient devenus les miens. En les adaptant ici et là, il était convaincu que ses projets étaient les nôtres. Était-ce vrai ? À ce moment j’aurais juré que oui.

10 ans de vie en solo m’ont rendue à moi même. Aujourd’hui mes rêves sont les miens, mes projets sont les miens, ma vie m’appartient. 

On m’a depuis ce premier jour en solo offert bien des rêves. Certains étaient magnifiques. Ils avaient été créés pour moi et j’en remercie les auteurs et la vie pour les avoir mis sur mon chemin. Mais ce n’était pas les miens….

Bien sûr certains soirs, la solitude sera encore lourde à porter. Bien sûr, je reste convaincue que certains couples inventent leur vie à égalité. Ce sont des couples rares, de force égale qui souvent mettent leur énergie ensemble pour construire quelque chose.  Souvent, ils y croyaient déjà, l’un avant l’autre.

Vieillir pour une femme….un gain de liberté pour plusieurs…La premier pas est douloureux, car de disparaître de la vue des hommes est un dur sacrifice. Les premiers regards qui passent au dessus de votre tête sans même s’y poser un instant pour aller s’évanouir de désir sur la cuisse d’une jeunesse vous transpercent jusqu’à l’âme.  Puis vient la paix…dans le silence des yeux…la liberté d’être enfin !

Vieillir pour un homme…dites-nous messieurs… l'échange est ouvert...

Vieillir pour une femme – Réflexion rouge, première partie

 « Si, jeune, je savais que les garçons s’intéressaient à moi parce que , sans être belle, j’étais mignonne; quand les rides, la fatigue et la maladie ont marqué mon visage, j’ai connu le drame. Je me suis aperçue un jour qu’on me jouait la comédie de l’amour pour réussir, par intérêt. » Edith Piaf

Ce qui m’étonne encore et encore, c’est cette incapacité des femmes à croire en l’amour d’un homme plus jeune. À 46 ans, elle a marié Théo qui en avait 26.  Il est pourtant tellement courant dans notre société de voir le contraire.

Est-ce que ces hommes comme Piaf, ne croient pas en l’amour de leur jeune épouse ?  J’en doute. En fait, ils y croient profondément.  Ils ne semblent pas leur venir à l’esprit que les rides et la fatigue sont aussi leur lot.

Et cet amour « intéressé » qu’en dire ?

Les femmes ne le considèrent pas comme de l’amour, mais comme de l’intérêt. Comme si on devait aimer quelqu’un sans intérêt. Les hommes eux semblent le considérer comme une forme d’amour très acceptable et même valorisante. S’ils ont acquis tout ce qui est nécessaire, culture, argent, pouvoir, etc., pour qu’une jeune femme fasse fi de leurs rides et s’unisse à eux c’est qu’ils ont réussi.

Une femme de 46 ans qui attire comme Piaf un homme de 26 ans n’a t’elle pas, elle aussi, acquis, notoriété, culture, argent et ainsi à l’égal des hommes « réussie » si un jeune homme s’intéresse à elle ?

A moins que nous devions inverser les rôles et convaincre les hommes que les jeunes femmes ne les « aiment » pas, mais n’ont qu’un intérêt pour eux !

Cela semble assez futile comme réflexion, mais ce deux poids deux mesures dans nos manières de sentir la vie est important. Il représente pour la moitié de la population une « espérance de vie amoureuse » beaucoup plus courte que pour l’autre.  Les femmes vivent plus longtemps que les hommes, mais elles vivent plus longtemps seules aussi. Le pouvoir de séduction d’une femme résidant en sa « beauté », la beauté étant fortement associée à la  jeunesse,  on parle de 18 à 40 ans …et encore ! De là on plonge dans le déclin, à moins d’accepter d’avoir recours à des moyens très invasifs comme le bistouri, les implants et patati et patata …et encore.

«La plus grande proportion d’unions où l’homme est plus âgé que la femme illustre l’opinion suivante : si l’un des partenaires est plus âgé, ce doit être l’homme. Cette attente est en fait un héritage d’un temps passé, où un mariage avait lieu seulement après qu’un homme a amassé suffisamment d’argent pour subvenir aux besoins d’une famille. Dans de telles circonstances, il n’était pas rare que l’homme soit plus âgé que sa partenaire et, petit à petit, la tendance « homme plus âgé femme plus jeune » en est venue à constituer la « norme » acceptable. Les chercheurs estiment aussi que les attentes voulant que l’homme soit plus vieux que la femme font deux poids, deux mesures, où le vieillissement de l’homme est mieux accepté dans les valeurs de la société que ne l’est le vieillissement de la femme. »  G. Cowan, « The double standard in age-discrepant relationships », Sex Roles, vol. 11, nos 1 et 2, 1984, p. 17 à 23; Vera, Berardo et Berardo, op. cit. – Tiré de l’étude sur la différence d’âge dans les relations intimes des Canadiens de Statistiques Canada.

Si l’on suit la réflexion de Piaf et celles de G.Cowan, il est donc plus difficile pour une femme de vieillir.  Piaf pose un regard sur elle-même, Gowan parle du regard que la société pose sur les femmes.  Bien que ce soit deux choses distinctes, une grande part de notre regard est le regard de la société que nous intégrons.

Considérez-vous mesdames qu’il est plus difficile pour vous de vieillir que pour les hommes qui vous entourent  ?

Considérez-vous messieurs que vous vieillissez mieux que les femmes autour de vous ?

Je ne vous cacherai pas que mon regard est différent.  Étant femme en début de cinquantaine cette question m’interpelle. Mon regard sur le vieillissement des hommes et des femmes est différent du constat de Statistiques Canada bien que je sois consciente de cet état de fait. Mais je vais vous laisser venir me parler de vieillir et je vous en parlerai ….après…

Vieillir….Et puis après ???

31.03.2008

Chs - Combustion humaine spontanée

http://www.voir.ca/publishing/article.aspx?zone=1§ion=8&...

 La pièce de Christian reprend la scène au Périscope de Québec du 1 au 19 avril. Il reste peu de billets. Si vous y allez faites moi signe j'essaierai d'y être.

 

04.03.2008

Pauvre sexualité !

« Ce n'est pas le sexe qui s'exhibe aujourd'hui, explique Bernard Arcand, mais bien la séduction. On dit à ceux qui nous entourent “regardez-moi”, et c'est précisément cela qui caractérise notre époque : le soi, qui exige constamment d'être le centre d'intérêt.»  (article complet au http://www.ellequebec.com/Societe/societe/le-sexe-est-par... )

Après des siècles d’oppression officielle de la part des églises de tout acabit (ici au Québec), nous n’avons rien fait de mieux que de transformer notre sexualité en marchandise. Il faut d’abord distinguer la sexualité publique et la sexualité privée de chacun.  Ici bien sûr, je parle de l’image de la sexualité publique. De celle qui s’étale dans les revues, au cinéma, à la télévision et bien sûr sur internet. Mais est-elle seulement publique cette image ?  N’interfère-t-elle pas puissamment dans votre lit ?  Facile de dire que l’on est libre. Comme certains de nos grands parents l’étaient, car je suis convaincue que certains couples exceptionnels avaient une sexualité épanouie malgré tous les interdits de monseigneur. Il ne faut pas croire que l’orgasme féminin ait été inventé au début du siècle, ni les performances masculines, ni la sensualité, ni la communication d’une peau à une autre, ni la passion….ni ..ni. 

Mais pour un de ces couples qui vivaient leur sexualité bien cachée à l’abri des qu’en-dira-t-on combien de gens ont vécu des sexualités étriquées, coupables, malheureuses ou carrément inexistantes ?

  C’était l’âme ou le corps… 

C’est encore le corps ou l’âme. Car cette image, qui s’exhibe, qui exige que la sexualité se vive d’une façon tout aussi normative (puisque maintenant elle suit des modes)  que les interdits l’exigeaient, divise, autant qu’hier, l’esprit du corps.

  Pourquoi la liberté que nous avons cru prendre avec notre vie sexuelle s’est-elle transformée en obligation de performances physiques, en consommation de toutes sortes ? Performances qui s’expriment autant sur le nombre que sur l’intensité (mesurable ? apparente ? )  Déjà les jeunes hommes ont recours au Viagra pour « faire sûr » comme disent les anglophones. Le Viagra pour les femmes est en expérimentation, qu’elles en éprouvent ou non le besoin n’est même pas une question qui se pose. Les compagnies pharmaceutiques ont décidé que les femmes en avaient besoin. 

Performances physiques, mais aussi tyrannie de l’apparence, car la sexualité actuelle s’exprime dans des normes de plus en plus rigides. Il y a ceux et celles qui l’ont et ceux et celles qui ne l’ont pas. De fonction « naturelle », la sexualité est devenue un signe de réussite, de pouvoir.

  Et si on passait à côté … 

Et si on parlait de communication… 

Il reste des gens libres, qui ne songent pas à adopter les valeurs de la société marchande, pas plus qu’ils ne songeaient à adopter celles d’une autre religion. Il reste des gens pour qui la sexualité est toute autre chose…et je ne parle pas ici de celle promue par un mouvement « moral » quel qu’il soit. Je parle de sexualité comme célébration de la vie, comme contact intime et entier avec l’autre, de la sexualité sans chemin balisé. Celle que deux humains ouverts et libres d’esprit peuvent partager.

  Je crois qu’elle a toujours existé, du temps des déesses à aujourd’hui. Je crois qu’elle existe toujours, mais qu’elle est aussi rare dans ce monde dit « libre » que dans celui des répressions. 

Elle exige peut-être quelque chose que nous ne nous accordons plus…du temps…mais ce serait un autre billet.

 

29.05.2007

Amour, érotisme et tutti quanti

Ce paragraphe me hante…Je le livre à votre convoitise et je reviens partager avec vous ce qu’il soulève en moi.

« …c’est un vérité soigneusement cachée, on préfère parler d’amour et de partage, la grande escroquerie du couple c’est de ne pas révéler qu’en s’unissant, chacun s’est amputé d’une part de lui-même et n’aura de cesse de la retrouver au prix d’un affrontement quotidien avec l’autre, tout être humain n’a qu’une obsession : se sentir exister, l’ego est mille fois plus puissant que l’amour, ne s’en détachent vraiment que les saints ou Bouddha, mais pour y parvenir, la plupart ont vécu solitaires ! »

 p67 Ce qui trouble Lola. Françoise Simpère.

17.07.2006

Érotisme d'un orage

medium_orage.jpg

Le ciel s’obscurcit de concupiscence. Entre les cils on voit filtrer ce qui était de la lumière.

Le tonnerre gronde. C’est ta bouche près de mon oreille, ta bouche close qui laisse entendre les feulements de ton désir.

Il roule, s’enroule sous ta peau, créant creux et tumescences.  Le tonnerre gronde dans mon cou. Je le sens dans mon ventre.

Premiers éclairs. L’enfer sous la peau, le corps s’illumine.

Le tonnerre gronde.  Serre les dents. Éclats de désirs soulèvent mes lunes.

Serre un peu plus les dents que la  voix soit  retenue.

Je suis toujours là, juste un pas devant toi.

L’éclair surgit à nouveau. Il déchire ma peau.

Gronde dans mon cou que ton plaisir m’appartienne.

Lumière et  voix, ombre et silence.

Dehors, le tonnerre gronde.

07.06.2006

Plaisirs innocents

  1. medium_chapeau.jpg Un souffle de contentement, un frisson sur la peau, il y a de ces petits plaisirs innocents qu’il ne faut pas oublier de prendre le temps de vivre. Quels sont les vôtres ?

Marcher dans une ville endormie à l’aube

Découvrir un nouvel auteur qui vous ravit et savoir qu’il vous reste toute son œuvre à lire

Un café bien corsé

Les mets parfumés, épicés

Une vinaigrette inventée

De jolis sous vêtements

Un bain parfumé

Le silence

Des chants a capella

Essayer des chapeaux

Mordre dans une pomme en septembre

Des truffes aux piments

 

Le sourire d’un inconnu

Être attendue quelque part

Se déshabiller après une longue journée

Se glisser sous les draps

Le parfum du vent

Le reflet d’une flamme sur ma peau

Ton regard

 

La beauté d’un verre de vin

Le pain chaud

Ton baiser sur mon épaule

Ma main sur ta peau

Ton regard encore

 

L’eau froide d’une rivière

La chaleur des pierres au soleil

Tous les bruits de la forêt

Et ton regard

Rayon de soleil dans une clarière

Ton regard sur ma peau

Quels sont les vôtres ?

 

Jeanne

31.05.2006

Amène moi

medium_bout_monde.jpg Il y a des matins qui sentent le voyage. C’est comme un appel, un ailleurs qui vous interpelle. C’est peut être dans la douceur de l’air qui me ramène à une douceur de vivre. Il y  des matins qui sentent le plaisir de vivre, de voir, de sentir. Et l’ultime plaisir…de partager.

 

Tends moi la main. Je mettrai la mienne dans la tienne. Je te laisserai me guider, me faire voir, m’amener au bout du monde.

Je suis une belle bohémienne et j’ai les pieds légers. Je suis chez moi partout si j’ai confiance en toi. Je peux dormir sur le banc d’une gare si tu me laisses poser ma tête sur ton épaule.

 

Tends moi la main et amène moi au bout du bout du monde. Quelque part sur une île où j’arpenterai tous tes rivages. Quelque part sur une île où  on jouera à Robinson. Tu seras mon Vendredi, je serai ton Dimanche.  Amène moi, quelque part en haut d’une tour, de celle d’Eiffel que je voudrais tant voir un jour. Assis dans un café on jouera aux cousins grossiers d’Amérique et on rira de la tête des passants. Amène moi, quelque part aux pieds d’une pyramide, enroulée dans des voiles, les mains posées sur l’histoire, je serai ta sultane,  l'unique Shéhérazade et je te raconterai mille et un jours.

 

Je me remettrai entre tes mains et je te prêterai mes yeux, ma voix. Amène moi avec toi, découvrir la vie ailleurs, dans les souks du Maroc ou dans les neiges éternelles. J’achèterai du thé ou des herbes que l’on fume et photographierai le yéti.  Tu voyageras dans mon rire et la fatigue qui guette  ne sera qu’un pas de plus dans l’abandon.  Amène moi avec toi. Voir le monde  seule  n’a  pas de  sens.  Le soir près de toi, je confierai mes mots au papier. Je les lirai à  ton oreille une nuit sous la tente ou dans le luxe d’un vieil hôtel. Amène moi sous d’autres cieux où la dureté du voyage s’oubliera dans la beauté de notre complicité.

 medium_matin_neuf.jpg

Il y a des matins qui sentent le voyage. C’est comme un appel, un ailleurs qui vous interpelle.

 

Dépêche toi mon amour que je ne connais pas. Mon cœur s’envole vers le pays des solitudes dont on ne revient pas, dont on ne revient plus. Dépêche toi avant que j’oublie que peut être quelque part tu existes. Dépêche toi avant que je me résigne à partir …les deux mains dans mes poches, les yeux grands ouverts, sans cette épaule, sans cette oreille, sans cette main……sans ce cœur ami, sans toi.

Amène moi au bout du monde...

Jeanne

20.05.2006

Je crois aux mots...

Je crois aux mots. Un peu comme les peuples dits primitifs croyaient que d'imiter le bruit de la pluie attirait la pluie. Certains peuples africains donne un faux nom à leurs enfants avant l'âge de 5 ans, afin que le vrai nom reste à l'abri des mauvais esprits qui emportent les enfants. Ce qu'on sait dire, ce qu'on peut nommer peut exister.

J'apprend les mots à ma petite fille. Un par un comme une sorcière lui apprendrait des incantations. Elle aime savoir nommer les choses. Elle a elle-même son idée des mots...le vernis à ongles sur les pieds se nomme du Cutex mais celui sur les doigts peut se nommer du vernis. J'aime son air déterminé, sa manière de s'approprier de la vie autour d'elle.

Elle a l'énergie d'un petit garçon et la délicatesse d'une petite fille. Je veux être son abri, son endroit de folies. Ici elle peint avec moi. Elle chante aussi. On invente des rituels comme cette danse à quatre pieds...de rouge habillés. medium_complicite_rouge.jpg

Chaque fois qu'elle s'endort à mes côtés je me surprends à prier. Des prières de sorcière c'est vrai, mais des prières tout de même.  Elle prend conscience de nouvelles nuances d'émotions. Elle me parle d'ennuie. Elle me dit...c'est triste... Son regard sur la ville est d'une fraicheur vivifiante. Elle remarque tout, elle voit tout,  et elle dit...

Les trous d'eau ne veulent pas s'en aller.

Pourquoi tu n'as pas de moto Mamie :-) ??

Les trottoirs c'est comme des petits chemins.

Je crois aux mots et je crois que ce que l'on dit se manifeste.

Je cherche un complice pour créer. Je ne sais plus batir des relations utilitaires. Je n'ai pas envie de partager des heures de télé. Je cherche un complice pour créer. Pour joindre l'énergie créative et l'énergie sensuelle. Quelle forme cette complicité pourrait-elle revêtir ? Je n'ai pas la présomption de prétendre pouvoir l'imaginer. Je préfère laisser l'univers y répondre. Je cherche un complice qui croit en l'énergie créative, qui croit à l'élan artistique comme à une augmentation de joie de vivre. 

Je cherche un complice pour créer.

Ca prend parfois si peu de mots...

Jeanne

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