13.01.2007

Blues

La solitude ne naît point de ce que l’on n’est pas entouré d’êtres, mais bien plus de ce que l’on ne peut leur communiquer les choses qui vous paraissent importantes. Carl Gustav Jung

 

Il y a des soirs où même mes cafards me font la tête

Des soirs où tes yeux me hantent

Des soirs où  ta voix chante à tue tête

 

A tue tête

A tue le cœur

 

Il y a des soirs où je regarde tous mes amours dérisoires

Depuis toi

Ton absence

Ce lieu d’où l’on ne revient pas

 

Reste à m’étendre

Comme pour t’attendre

 

A fermer les yeux

Tes mains sur mes seins

J’y arrive presque

 

Quand ta bouche rejoint mon ventre

Peine perdue

Ton image s’efface

Ta voix s’éloigne

 

Je traverse lentement le désert de l’oubli

Déjà dimanche

Solitude blanche

 

Derrière mon sourire habite des larmes

Il y a des soirs où il faut bien les laisser prendre l’air

Jours de froid

Parfois vivre c’est être triste

Il y a toujours le jour et la nuit

Il fait froid dans mon pays aujourd’hui

C’est une belle journée d’hiver

 

J’ai marché longtemps emmitouflée dans mes plumes

Laissant le soleil caresser mon dos

La musique dans mes oreilles

Juste le plaisir d’être vivant

 

J’ai levé les yeux

Là tout juste devant

Un banc

Banal et ordinaire

 

Celui où je me suis assise pour t’attendre

Un midi de septembre

Quand aujourd’hui fait mal

On peut se sauver vers hier

 

Je me souviens

De l’acier de tes yeux

De ton désir indécent

Je me souviens

De ta voix qui disait

Ma belle sorcière

 

Aujourd’hui chaque fois que j’essaie

 

Je me trompe

Je ne sais plus comment

Ceux que j’aime ne m’aiment pas

Ceux qui m’aiment …dieu les protègent

 

Il fait froid dans mon pays aujourd’hui

 

Mais je suis bien au chaud à l’abri

Ailleurs sous le soleil

Des hommes souffrent

Ma peine est bien peu de chose

 

Que quelques larmes perdues dans l’océan

28.09.2006

C'est ainsi que les femmes vivent ...

Je ne sais pas exiger. Je ne sais pas dire cet homme est à moi. Je ne sais pas crier, faire des scènes, manipuler. Je ne connais que laisser libre.

Je ne sais pas oublier que l'autre ne voulait pas être là, que je l'ai exigé comme je vois qu'elles font autour de moi. Comment se réjouir de sa présence si je sais qu'il ne veut pas être là ?

Je ne sais pas rappeler l'engagement, les responsabilités. Je ne sais lui dire...tu m'as je t'aime...ne l'oublie pas.

Je n'ai jamais su et je les laisse partir le coeur brisé. Pendant ce temps je regarde les femmes qui exigent, celles qui punissent, celles qui privent.  Et leurs hommes restent...

Je ne sais pas posséder, je ne sais qu'accompagner. Je ne sais pas les empêcher de regarder la beauté, je la regarde avec eux. Je ne sais pas dire , haut et fort, c'est mon droit !  Je ne comprends pas.

Et je les regarde vivre toutes ses femmes qui se sentent le droit de ceci ou cela. Si tu veux ma présence, oublie tes autres amitiés, si tu veux mon amour, promet moi ceci ou cela....

Je ne sais pas marchander.

En fait certains soirs, je me dis que je ne sais pas vivre.

Jeanne

16.08.2006

Le dernier des fragments bleus - la boucle

medium_chemin.jpgJe pars en vacances. J’amène ma nomade en terre étrangère. Je n’aurais pas assez de mes yeux, pas assez de mes mains, pas assez de mes pieds, pour tout faire, pour tout prendre, mais mon âme est à la fleur de ma peau pour saisir l’essence.

Je vous rapporterai des images mais aussi des parfums, des musiques et des sensations. Je vous ramènerai des mots et de nouvelles potions. Je pars les yeux ouverts, ambre et lumière, l’ombre sous la paupière. Je pars emplir mon âme. Je pars les mains tendues, ouvertes, offertes. Je pars emplir mes paumes.

Je ferme la boucle. Bientôt un an que les fragments bleus sont tout ce qui me reste de toi. Les bleus s’estompent. Resterons les fragments…

 

Écrire à ton frère pour l’embrasser

Je pense à vous …

 

Et parfois comme hier raconter nos instants de folie

Et parfois comme hier entendre ton rire

 

Je pars en vacances. Je vous ramènerai des mots.

Il faut ouvrir les bras, il faut ouvrir le cœur.

Je ne garderai de toi que le meilleur.

Je pars en vacances le cœur léger. Ma route se déroule sous mes pieds. C’est la mienne je sais.

Je le sais, je le sens, je suis au centre de moi, femme et homme à la fois. Je danse sur mes propres bûchers

Je reviendrai…écrire encore une fois…écrire une autre fois....

Plus riche à chaque fois.

Jeanne -

ps...de retour vers le 12 septembre - j'essaierai de me brancher une fois ou deux durant le voyage - prennez soin de vous - garder moi votre amour

Car on n'écrit que pour être aimé....

La sorcière d'Amérique

24.11.2005

Fragments bleus - 24

Je suis à l’âge de la joie.

Je la préfère à la course au bonheur.

Le ciel m’est déjà tombé sur la tête.
Je n’ai plus peur de ce qui peut m’arriver.
Ça m’est arrivé.


Je sais que tout peut arriver encore.
Le pire, et le meilleur.
Je suis à l’âge d’apprécier vivre.


Je tiens mon pari.
J’aime la vie comme elle est


Si certains soir je pleure
Je sens la douleur
Pleurer c’est encore être vivant


Quand je ris maintenant
C’est mon corps, mon esprit, mon cœur qui rient
Tous ensembles


Quand j’ai envie de serrer les poings
J’ouvre les mains


Quand je fais l’amour maintenant
C’est mon corps, mon esprit, mon cœur
Qui font l’amour


Je le fais moins souvent


Mon cœur porte encore des « je voudrais »
Je vis ce que j’ai
Je vis avec ceux que la vie
Place sur ma route


J’ai mis mes pas à l’envers dans la dernière année
Je n’ai rien trouvé


Je t’ai rencontré


Je t’ai aimé


Je t’ai perdu


Je sais plus que jamais
Que rien n’est jamais acquis à l’homme


Je pourrais être tenté d’aimer moins
Pour  moins souffrir


Je vais aimer plus
Pour mieux vivre


Malgré le pari avec la vie,

Malgré la présence à aujourd’hui


Il y a un espoir que je ne tuerai pas


Celui de partager ma vie.  


Janie novembre 2005.


Les fragments bleus finissent ici, merci de m’y avoir accompagné.
ps..n'hésitez pas à me laisser vos impressions ou autres réactions

23.11.2005

Fragments bleus - 23


Parfois les mots ne suffisent pas. Peine illégitime, je n’étais plus ta compagne. Je n’ai pas assisté à tes funérailles. Je ne sais pas si j’aurais voulu être là. Peut être est ce mieux ainsi ? De toute façon c’est ainsi que la vie l’a voulu.


C’est là que je suis rendue. C’est là que le pari pris en début d’année devenait un véritable enjeu.


« Aimer la vie comme elle est et non pas comme je voudrais qu’elle soit »


Je m’étais vite aperçu dans cette année difficile, que pour y arriver, il fallait que je mette de côté, l’espoir. Je sais, je fais sursauter !Mais l’espoir c’est désirer quelque chose que l’on n’a pas, quelque chose qui n’est pas. C’est souvent tellement fort que ça nous fait oublier ce que l’on a. Pour voir la vie comme elle est et trouver la force de l’apprécier, trouver la joie d’en vivre chaque instant, il faut renoncer à vouloir.


Je ne pense pas atteindre, cet espèce d’état que l’on dit zen. Je ne vous parle pas des bouddhistes qui chassent le désir, le débusquent et l’honnissent. Non, je parle d’apprécier chaque instant de ce que l’on a, chaque miette, chaque soupir.


Je parle de désirer l’homme devant moi, au lieu de celui dans mes rêves. Tous nous entendons parler d’ici maintenant. C’est la nouvelle religion des athées.Moi je parle d’ici maintenant mais aussi de la présence au monde. D’ici maintenant avec ce qui est autour de moi.


J’aime le froid quand il fait froid, j’aime la chaleur quand il fait chaud, j’aime le soleil quand il brille, j’aime la nuit quand elle est là. 


Je voudrais te savoir vivant. Je voudrais te savoir en santé. Je voudrais te savoir heureux.


Tu n’es plus là, ni sera plus jamais. Mon cœur fait mal, juste de l’écrire.


Je suis là, vivante, en santé, heureuse.


Il y a eu bien sur, beaucoup de larmes. J’ai reconnu ceux qui m’aimaient vraiment. Ils savaient que tu avais beaucoup compté pour moi, même en si peu de temps.


Les autres…


Les autres…


Puis il y a la culpabilité. Je sais, je sais, je sais…On n’est pas responsable de la vie de l’autre. On ne peut vivre que la sienne.


Ne me dites que j’ai tout fait. Ne me dites pas que j’ai tout essayé.


Peu importe les mots.


Il y a la vie comme on voudrait qu’elle soit … Je voudrais être convaincue que je n’aurais pu rien faire.


Il y a la vie comme elle est… Je ne le saurai jamais et je n’ai rien pu empêcher, moi qui prétendais t’aimer.


Déchirer entre l’orgueil et l’humilité, entre le courage et la lâcheté.


Les toiles blanches me regardaient.
J’ai dessiné.
Après les larmes sont venus, la caresse  des spatules, des pinceaux …le blanc…le silence…


Dans mon salon, il y a maintenant un ange. Peut être un jour je pourrai le donner, pour l’instant il veille sur moi.
L’homme qui m’avait choisi, ne cessait de me tenir à bout de bras, pas trop proche, pas trop vite, pas trop…pas trop…


Marre des pas trop.


La solitude m’a de nouveau tendu les bras.


Je m’y suis réfugiée.


Je suis là…a partir d’ici je vais vous parler de joies.

Je suis là, vivante, en santé, heureuse.

22.11.2005

Fragments bleus - 22

Septembre encore une fois



La colère est passée. Je suis retournée travailler. Je me suis occupée de mes affaires, réglant les problèmes d’assurance, de serrures.

Un matin je me suis levée, la colère s’était dissipée. Je sentais que je respirais mieux à nouveau. Bien sur, il faut plus de temps que cela pour j’ouvre la porte de chez moi d’une manière aussi insouciante qu’auparavant. Mais la paix m’habitait à nouveau.

Le 11 septembre était un dimanche. Dire que mes pensées ne s’étaient pas tournées vers toi, serait mentir. Mais mon sens de l’humour avait retrouvé toute sa place dans ma vie et un homme s’approchait de moi. Bien que consciente de nos grandes différences, je le laissais s’approcher.

Après tout, la dernière fois ou j’avais eu l’impression de choisir de moi-même, on ne peut pas dire que cela s’était avéré un grand succès. Pourquoi ne pas essayer ? Pourquoi ne pas me laisser choisir ?

Ce dimanche là, je songeais à toi. Toute seule en silence je t’appelais ma catastrophe personnelle, mon onze septembre à moi.

Je ne comprenais toujours pas ton passage dans ma vie. Mais je n’en voulais plus à la vie d’avoir croisé nos chemins. Je me disais, que peut être un jour, je comprendrais.

C’est le matin du 12, très tôt que dans mon courriel, il y avait un message de ton frère qui portait le titre de triste nouvelle. Il y a des clics de souris plus difficile à faire que d’autres. J’hésitais, un instant.

Bonjour Janie,

J’imagine que tu as su que ………n’est plus de ce monde.


Non je ne l’avais pas su ! Comme ton frère travaille dans le même édifice que moi, je m’y suis rendu directement.

Si j’ai songé à un accident, c’est à peine un instant. Je n’étais pas rendu au bureau de ton frère que je savais. Quand je lui aie demandé : Qu’est ce qui s’est passé ? Je connaissais la réponse.

La forêt, un fusil, quelques mots…

Je suis retournée à mon bureau sous le choc. Je ne sais même pas si j’ai souhaité mes sympathies à ton frère.

Tu as mis fin à ta vie quelque part à la fin d’août. Il y avait presque trois semaines.

21.11.2005

Fragments bleus - 21

Juin et juillet.

Quand les fleurs renaissent. En juillet, j’ai, comme à l’habitude, écrit un texte pour mes amis. Je voulais leur souhaiter bonnes vacances. Quand j’ai vérifié ma liste de distribution, j’ai vu que ton nom y était toujours.
C’est vrai, je n’avais pas écrit depuis de longs mois. J’ai décidé de la laisser là.

Il me semblait que de recevoir ce petit mot anodin mais tendre, pourrait t’ouvrir une porte. J’ai pensé que si tu allais mieux, tu m’écrirais…

Sorcière chérie…

Je me suis trompée. Tu n’as pas répondu au courriel. L’as-tu seulement lu ? Je ne le saurai jamais.

C’était juillet, les vacances, j’ai poursuivi ma route.

Les mots me revenaient petit à petit. Le goût de l’autre aussi, bien que je me sentes farouche. Farouche, fragile, voici des nouveaux mots dans mon vocabulaire.

Mais ils ne se conjuguent pas avec méfiance. Je ne veux pas de cela. Je ne veux pas de la peur.

Après tout, que peut-il nous arriver de pire que de perdre l’amour au moment même ou on le trouve ?

Bien des choses…Cette année là n’en avait pas fini avec moi .

Août …les odeurs de fruits murs

J’ai passé des vacances assez tranquilles. Je n’étais pas aussi sereine que j’aurais voulu l’être ou que j’aurais pu le prétendre. Tu me manquais. Heureusement je n’ai pas de souvenir de vacances d’été avec toi. Mais je n’avais pas non plus l’énergie de les passer ici et là comme l’an passé. Entre ce moment et celui-ci, la vie avait coulé. Je me sentais fatiguée et seule.

J’ai été malade. J’ai dormi. Je me suis reposée. Les vacances se sont envolées sans bruit mais je me sentais mieux.

La dernière journée de mes vacances, je suis allée faire couper mes cheveux. A mon retour, il était à peine 17 :00 heures j’ai constaté qu’on était entré chez moi.

Envolé mes ordinateurs et quelques objets de peu d’importance. Mais on était entré chez moi. Pire on avait surveillé mon absence.

La colère a été immense.

Il avait fouillé dans ma chambre. Il est parti avec mes livres de chevet, deux jolis livres de contes !! Mes photos dans l’ordinateur, certains documents personnels…mais surtout il était parti avec ma sécurité intérieure.

J’ai dormi les fenêtres fermées pendant des semaines. Je vérifie les serrures deux ou trois fois chaque fois que je sors.

20.11.2005

Fragments bleus -20

Durant que je peignais, mai est arrivé.


De temps en temps, j’ai refait l’amour. Plus rarement car je ne pouvais plus, ne pas le faire avec mon cœur. Si notre relation ne m’avait pas brisé le cœur, une chose est sur, elle en a brisé le cadenas.

Maintenant, mon cœur fait partie de moi.

J’ai même essayé d’aimer, mais il était trop tôt pour cela. Si mon cœur était ouvert, il était trop fragile pour qu’on essaie de l’emprisonner. Je crois encore que j’ai eu raison de m’éloigner de cet homme qui savait mieux que moi ce qui était bon pour moi.

Fragile

Je me sens encore fragile.

D’une fragilité qui risque de ne jamais guérir. D’une fragilité à l’écoute d’une sensibilité qui est mienne depuis mon premier cri.

Avais-je si besoin d’une leçon d’humilité ? Avais-je le cœur si gelé que seul le marteau du sculpteur fou pouvait le libérer ?

Il serait tentant de dire que la souffrance est nécessaire.

Pourtant, je ne le crois pas.

Le silence lui, peut être.

Je me sens fragile mais pourtant je me sens bien. Nous sommes en novembre.

Avant, il y a eu l’été.

19.11.2005

Fragments bleus -19

Je retrouve ici et là quelques traces sur des papiers éparpillés.

« On ne peut pas mourir d’amour, on meurs de conserver la peine, de la raisonner, d’essayer de la comprendre, de la décortiquer, et si j’avais fait cela, et si j’avais dit cela et s’il n’avait pas…On meurs de contrôler la peine, la colère, de ne pas crier l’injustice. On meurt d’être des êtres raisonnables. »

J’ai ouvert les mains et j’ai laissé aller. La vie m’avait trahie. Elle n’était pas comme je voulais. Tout pouvait arriver. Je n’étais plus à l’abri de rien.

Mars s’en est allé.

Avril

Je revenais doucement de l’hébétude. J’étais toujours en silence et les toiles occupaient ma vie. Mon corps sentait le manque. Le manque de caresses, de plaisir, de chaleur. Le manque de l’autre…

« Il faut savoir laisser mourir les choses pour être disponible à la vie. Il faut savoir laisser derrière soi, sans comprendre parfois, laisser derrière soi pour aller devant, ouvert à la vie et le seul moyen dont on dispose est de vivre jusqu’à épuisement ce qu’autrement on traîne avec soi et qui nous empêche d’être léger. »

C’est à ce moment-là que j’ai pris le pari d’aimer la vie comme elle était et non comme je voulais qu’elle soit.
Ces toiles qui naissaient dans mon salon étaient ma joie. Mon travail m’apportait beaucoup de satisfaction. Le manque de toi était toujours très présent mais mon cœur était vivant. C’était déjà beaucoup.

« Nous avons dans la tête tout un idéal de paix et de bonheur qui nous paralyse, car il nous fait rêver et nous empêche de d’empoigner l’actuelle réalité. L’énergie que nous mettons à rêver ou à caresser un idéal impossible ne sert pas à empoigner la réalité présente » (Pierre Bertrand).

Je ne voulais pas de cet idéal là. Je voulais vivre la vie, avec ses joies et ses peines, la vivre pleinement. J’avais eu la chance avec toi d’être amoureuse à nouveau et cela peu importe la peine.

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