05.02.2008
Présence
Des fragments, déposés ici, et même ailleurs. Des fragments de vie, de réflexion, de sensation, des fragments de pensée, toute une vie fragmentée.
Il y a cette pensée qui étiquette, cette pensée qui nomme, qui analyse. C’est cette pensée qui fragmente la vie.
Puis il y a le silence.
Les notes entre les silences, ou les silences entre les notes qui font la musique ? Le silence entre les fragments, ou les fragments entre les silences qui font ma vie.
Bleu, blanc, rouge…
L’ouverture au monde c’est quand à l’intérieur de moi, il y a le silence. La nécessité du vide pour recevoir tout ce monde extérieur.
Sentir la vie.
Au moins quelques moments.
Taire la pensée.
Laisser passer.
Fenêtre
Sans verre
Silence
Sans le bruit de mes pensées.
Puis je retourne à l’inattention, à l’inconscient, au monde de mes pensées qui m’éloigne de toi, de l’autre, m’emprisonne, m’enferme, me nomme….
La présence….15:40 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fragments, silence, présence, attention
25.06.2007
Éros et Thanatos
Pour toi Lhassa qui a accompagnée ton amie avec tant de générosité.
J'ai ouvert un petit calepin vert et j'y aie retrouvé un petit mot que j'ai écrit deux ou trois jours avant la mort de ma mère.
23 avril 1995 ...(déjà 12 ans).
" Je suis chez moi. Chaque geste anodin me rend heureuse. Je bois le confort de ma maison comme un bon vin. La lumière entre par toutes les fenêtres. Le chien court et fait du bruit avec sa balle. Mes fils vont arriver dans un instant. Ce sera un souper bruyant ou nous partagerons les joies et les peines de la journée. Je suis vivante. Je me sens bien, un peu coupable tout de même. J'ai laissé pour quelques heures mon père s'occuper seul de ma mère. Mais j'apaise ma culpabilité car je sais qu'il reste de longs jours à vivre, de courtes nuits. Je dois me ressourcer, boire à la vie pour mieux affronter la mort. Si je veux continuer à être forte, présente, je dois revenir faire le plein. Je me sens coupable mais je suis en paix avec ce sentiment.
J'ai besoin de la chaleur de mes enfants. J'ai besoin de la chaleur du corps de mon mari pour affronter le froid.
A distance de cet évènement, je me serais demander comment peut-on continuer de rire, de manger, de faire l'amour dans des circonstances semblables.Aujourd'hui, je sais. Je sais que malgré la mort qui tourne autour de nous, la vie reste la plus forte. J'ai mal, j'ai peur, mais je suis vivante.
Aujourd'hui, je sais. Je sais que malgré la mort qui tourne autour de nous, la vie reste la plus forte. J'ai mal, j'ai peur, mais je suis vivante. Aujourd'hui, je sais que l'on ne sait jamais. Que l'on ne peut prévoir d'une journée à l'autre nos émotions, nos réactions. Il faut simplement les prendre unes à unes lorsqu'elles se présentent et les vivre.
Ce matin j'ai vécu la peine, la souffrance et la douleur. L'inquiétude est mon lot, ma toile de fond. Mais malgré tout cet après midi j'ai vécu l'amour. Ce soir, je suis sereine. "
12 ans sont passés. 12 ans qui ont fait de moi, une femme. 12 ans qui ont changé le visage de ma vie de bien des façons. Mes fils ont grandi. Cet amour n’est plus. D’autres sont venus. Mais jamais je n’ai oublié cet après midi que j’avais passé à faire l’amour avec mon mari, alors que ma mère marchait vers la mort. Jamais je n’ai oublié comment moralement j’étais partagée, entre la culpabilité et le désir. Jamais je n’ai oublié que cela a été l’un des instants importants de ma vie. Un instant ou l’on saisi quelque chose au vol. Ce jour là j’ai compris dans ma chair, que l’on porte la mort et la vie en même temps.
Qu’Éros et Thanatos font partie de chacun de nos instants.
Que contre la mort, nous n’avons qu’une arme, l’amour.
Bonne route ma belle.
Jeanne xxx
22:05 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : mort, vie, Éros, Thanatos, accompagnement, amour
05.12.2006
Décembre, Noël, neige, blanc….voeux.
Tous les ans depuis dix ans, je prends une journée pour écrire mes vœux de Noël à mes amis, collègues, fournisseurs. Chaque fois je crée un monde autour de mes vœux. Ils ont pris, au fil du temps, des formes différentes : contes à faire rire, contes à faire pleurer, photos, ma voix devant l’Ave Maria, réflexions sur la consommation, sur notre bonne conscience avec nos gestes de charité ponctuels, sur ce qui est peut être important avec les gens.
Mes textes de Noël ont suscité toutes sortes de réaction. Je me souviens d’un conte (Le parfum de Noël) où une vielle dame mourrait seule mais sereine à la fin. Une amie m’avait téléphoné et disait m’en vouloir à jamais de l’avoir fait mourir. Non, on ne meurt pas dans un conte de Noël ! Elle m’a depuis pardonné, du moins je crois.
L’an passé mes vœux étaient beauté. Ils parlaient de la lumière que l’on voudrait pouvoir offrir à l’autre. On y voyait une flamme dans ma main. On y entendait ma voix. Bien sur moi qui dans l’année avait perdu un être cher, j’avais besoin de cette lumière.
On ne donne jamais que ce que l’on espère.
Décembre est arrivé. La neige aussi. Je ne sais pas si je vais trouver cette idée, cette façon, cette inspiration, encore une fois à l’approche de Noël pour offrir des vœux différents.
De quoi aurais-je besoin que je voudrais offrir à l’autre ? Pourtant parfois, une fois conscient du phénomène, on arrive à prendre ce pas de recul si nécessaire pour regarder l’autre pour ce qu’il est vraiment et lui offrir ce dont lui a besoin.
Que puis je offrir aux autres ?
07:20 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : Noel, voeux, contes
10.08.2006
Je suis le temps
Je dors dans l’ambre. Lovée au cœur de la résine je respire depuis la nuit des temps. Il m’a fallu bien des années pour comprendre que la lumière dorée était mienne. Il m’a fallu bien des années pour comprendre.
Que je ne viens pas de ce jour, que je ne viens pas de ce siècle que tout est relié. Il m’a fallu toutes ses années pour comprendre que le temps est un allié.
Il aura fallu un rêve, ou deux et même des centaines pour sentir que ce que je cherchais dehors dormait paisiblement dedans.
La peur n’existe plus et c’est le sens de la liberté. Je n’ai plus peur de te perdre car je t’ai rencontré, plus peur de me perdre, ni de m’oublier. Je n’ai plus peur de l’absence, plus peur du silence, plus peur de vivre, de respirer.
Il faut parfois longtemps à l’âme enfant pour respirer. Il faut parfois longtemps pour accepter d’être ici, dans ce maintenant que l’on n’appréhende jamais tout à fait. Mais qu’est ce que des années ?
Je suis là maintenant. Et ma joie est de celle que l’on a envie de crier. Je suis là maintenant et le temps est omniprésent. Il est court, il est long, il est comme un ruban entortillé.
Chaque matin est un regard neuf, celui de l’enfant qui hurle en naissant. Chaque matin est celui du miracle sans cesse renouveler de respirer.
Je dors dans l’ambre depuis la nuit des temps et pour la nuit des temps, sans peur, sans confiance, sans passé et sans avenir. Je suis le temps de mes cellules, celui de devenir, celui pas assez et celui à venir. Je suis le temps de l’amour et de l’indifférence, celui de mes prisons et de mes délivrances. Je suis le temps que je prends, celui que je laisse. Le temps qui s’écoule ou qui s’arrête. Je suis le temps d’avant et celui d’après. Tout passe qui ne passera pas, tout revient qui est resté là. Je suis l’aller et le retour, ici et là à la fois.
10:25 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : Temps, poésie, réflexion, amour, années, joie
27.06.2006
Ou presque ...
Peut être que la liberté profonde c’est d’assumer la solitude inhérente à l’être incarné. Seul dans sa peau, seul sous sa peau, barrière infranchissable ou presque…
Se laisser pénétrer jusqu’à l’âme
S’ouvrir,
Mieux,
S’offrir
La douleur de s’ouvrir, le bonheur de s’ouvrir
Ne comprends-tu pas ?
Se laisser pénétrer jusqu’au cœur
S’offrir,
Mieux,
Se donner
La peur de s’offrir, l’intensité de l’attente, du voir venir
Anne ma sœur, ne vois tu rien venir ?
Ne vois tu pas ?
Ne sais-tu pas ?
Se laisser pénétrer jusqu’aux pensées
Se donner,
Mieux,
Appartenir
L’impossibilité de se perdre pour qui s’est trouvé
Je sais que tu sais
Se reprendre, être soi, s’appartenir
Seule,
Mieux,
Lucide
Bonheur et souffrance de la liberté
Bonheur et souffrance de la solitude
Inhérente, inhérente, incontournable lucidité
Incontournable solitude
Incommunicable beauté
De vivre
D’aimer
D’aimer vivre
Incontournable lucidité
Seuls sous notre peau
Et le droit, la possibilité, la chance inouïe
De faire comme si…
Comme si tes yeux étaient les miens
Comme si ce que j’y vois c’était moi
Comme si mes yeux ouvraient le chemin
Comme si mes mains savaient le tien
Se laisser pénétrer jusqu’à l’âme
S’ouvrir,
Mieux,
S’offrir
Briser l’inhérence un instant…
Jeanne
10:30 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : journal, poésie, réflexion, solitude, amour, tendresse, liberté
21.06.2006
Prière d’une sorcière
Je n'ai d'église que vos coeurs, vous mes mères. Je n'ai d'église que ces lieux où l'on vous a enfermées. Je n'ai d'église que ces places où l'on vous a brulées vives. Je n'ai d'église que cette certitude du coeur de faire partie des votres. Je n'ai de cimetières que ces lieux où vous avez laissé votre vie en donnant naissance à d'autres. Vos tombent rient de voir continuer la vie.
Mères, il me semble que je ne sais plus prier. Ma foi s’égare dans des avenirs qui n’existent pas. Je perds la confiance en ce qui n’a pas de nom, pas d’image. Le sommeil me fuit ce soir, moi qui aie celui des anges.
C’est un soir de sorcière, de ceux que j’aime particulièrement pour ne pas dire passionnément. Mais les mots me boudent. Ils s’évadent un à un en silence et j’ai beau les poursuivre que le bruit de mes pas les poussent encore un peu plus devant moi. Ils se dispersent emportant un peu de moi en chacun d’eux. Ils me dispersent dans le vent du solstice d'été.
Mères aidez moi. Aidez moi à poursuivre ce voyage vers nulle part. Aidez moi à continuer ma route, la mienne. Que mon cœur batte et que mon intellect se taise, ne me laissez pas retomber dans ces vieux pièges que sont l’intelligence et la mémoire, le regret et l’espérance. Gardez moi l’oubli pour que mes nuits soient tendres et fertiles. Gardez moi l’insouciance pour mes jours soient intenses et féconds. Laissez moi le présent.
Mères aidez moi. Aidez moi à rester l’enfant que je suis. Aidez moi à garder ce cœur pur qui n’a d’autres inquiétudes que de grandir un peu plus chaque jour.
Mères aidez moi. Que mes mains soient soulevées par les vôtres afin que les œuvres qui en naissent soient amour et beauté. Que les esprits des gardiennes d’histoires se penchent sur mon épaule.
Litha, c’est la nuit où les femmes marchent nues dans leur jardin pour en assurer la fertilité.
Litha, c’est la nuit où je marche nue dans ce jardin de ma vie pour en assurer la fertilité.
On dit que ce dont on rêve durant cette nuit se réalisera dans l’année qui suit.
A tous je souhaite la plus belle des nuits.
Jeanne.
18:45 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : prières, sorcières
12.06.2006
Ce sentiment d'être ...
Le sourire de la Joconde, provenait-il de ce sentiment d'être ? :-) (si la grande majorité des photos prises sur ce site sont de moi, celle là ne l'est pas évidemment) .
![]()
"Quand le soir approchait je descendais des cimes de l'île et j'allais volontiers m'asseoir au bord du lac, sur la grève, dans quelque asile caché ; là le bruit des vagues et l'agitation de l'eau fixant mes sens et chassant de mon âme toute agitation la plongeait dans une rêverie délicieuse où la nuit me surprenait souvent sans que je m'en fusse aperçu. Le flux et le reflux de cette eau, son bruit renflé par intervalles, frappant sans relâche mon oreille et mes yeux, suppléaient aux mouvements internes que la rêverie éteignait en moi et suffisaient pour me faire sentir avec plaisir mon existence, sans prendre la peine de penser. De temps à autre naissaient quelques faibles et courtes réflexions sur l'instabilité des choses de ce monde dont la surface des eaux m'offrait l'image ; mais bientôt ces impressions légères s'effaçaient dans l'uniformité d'un mouvement continu qui me berçait".
Rêveries du promeneur solitaire de Jean Jacques Rousseau
Ce sentiment d’être.
Dis moi, ou tu vas ?
Je ne sais pas. Je n’ai pas l’impression que je doive aller quelque part. Je dois réfléchir je n’ai pas cette impression là.
Ce sentiment d’être c’est celui que je sens quand j’écris. Comme si mon intellect se détachait de moi et que mes doigts et mes yeux donnaient vie à des signes sur cet écran. Ce sentiment d’être c’est celui que je sens quand devant la toile je me sens absorbée, prise, oublieuse de moi et totalement là à la fois.
Ce sentiment d’être c’est aussi celui qui m’habite dans le train quand je regarde défiler le paysage. Ce sentiment d’être comme si en vieillissant j’habitais les cellules de ma peau tout autant que celles de mon cerveau.
La vie n’a qu’une seule exigence, celle d’être vécue. La Passion n’est que cela, rien d’autre. J’essaie de ne pas confondre passion et désir. Les désirs sont de l’ordre de faire plaisir à mon ego. La passion est de l’ordre de l’exigence de vivre. Peut être que si parfois je confonds c’est que le désir permet de dépasser la peur et l’insécurité et ainsi d’atteindre cette exigence de vivre qu’est la passion. Mais je sais que la Passion existe en dehors du désir de quelque chose, du désir de quelqu’un. Je sais intuitivement que la Passion est le désir de vivre. Je ne sais pas encore bien l’exprimer mais je vais essayer de faire mieux la prochaine fois.
Je sais que la Passion existe en dehors du désir comme je sais que l’Amour existe en dehors de l’Amoureux.
Je commence à savoir dire ce que n’est pas la passion, ce qui tue la passion. L’insécurité est une voie royale vers la mort de la Passion. Car la Passion passe par la confiance. Comment vivre cette exigence de vivre sans avoir confiance ? Il me semble que c’est impossible. L’insécurité réfrène l’exigence de vivre mais pas la peur. La peur n’est pas incompatible avec la Passion. Sentir la peur c’est être branché sur ce système d’alarme, c’est faire la part des dangers réels et de ceux que notre vécu ou notre imaginaire induisent. Sentir la peur c’est faire une sorte d’analyse du pourquoi du sentiment et agir en conséquence. La peur n’est pas ce qui immobilise.
L’insécurité immobilise. Penserait-on à une louve qui ne sortirait plus de sa tanière parce que là, dans le noir, sous la terre, elle risquerait moins ? Penserait-on à cette louve qui se laisserait mourir de faim, ou se nourrirait le moins possible pour ne pas risquer ? La vie demande d’être vécue, c’est sa seule exigence, la plus grande des exigences.
Ce sentiment d’être…est à ce prix là.
Je vais tenter d’apprendre à l’exprimer.
Jeanne
09:50 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : être, plaisir, vie, passion
04.06.2006
Mon coin de silence
Quand je peins toute la journée comme hier, je me sens parfois un peu prisonnière de moi-même. C’est comme si je n’arrivais pas à sortir de moi après la séance. C’est durant ce moment là que j’aurais besoin de présence pour me sortir de mon coin de silence…
Mon coin de silence…
Mon coin de silence n’a pas de saison. C’est en même temps l’hiver et l’été. C’est l’hiver de ton absence et l’été de mes souvenirs. Mon coin de silence n’a pas de voix, il les a toutes, la tienne, la sienne, la mienne. Mon coin de silence n’habite nulle part, il est partout.
Parfois j’y entre…
Je t’y retrouve trop présent avec ton sourire et tes yeux sur ma peau. Mais je suis contente que tu y sois. Il faut comprendre que douleur et plaisir ne se séparent pas. Il faut accepter que vivre ce soit cela. Je ne regrette pas. Les regrets sont des fleurs vénéneuses qui empoisonnent tous les paysages.
Parfois j’y entre et j’y puise comme dans un jardin fertile, des images pour mes toiles, des émotions pour faire battre mon cœur, de la musique, des images de vos yeux, de vos sourires. Bien des gens diraient à quoi bon …
Parfois je pousse la porte de mon coin de silence, et je m’y assois. Ce qui est merveilleux avec cet endroit c’est qu’il est toujours là. Il n’existe pas de tempête, pas de soucis, pas de bruits, pour me faire oublier son existence. Au cœur de la tourmente, il y a mon coin de silence.
Quand je peins, quand j’écris, je vous prend par la main pour vous amener dans mon coin de silence …ce sont les seuls moyens que j’ai trouvé pour le partager.
Comme si les mots pouvaient amener un peu de silence au monde.
On dit aussi qu’il y a l’amour…on dit ça…on dit ça….
Jeanne…
02:25 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : silence, peinture, partage. amour
02.06.2006
Parfois j'essaie de me convaincre...
Il en faut pas se fermer, l'amour est le courant qui nourrit. Il nourrit la vie, la créativité. Il est l'élan. Il a parfois besoin d'un objet pour se concrétiser mais il est avant tout un sentiment qui nous habite. Se fermer ce n'est pas se fermer aux autres, les punir de quelques manquements que ce soit.
Se fermer c'est se priver de soi.
Mais l’ouverture est exigeante…et parfois…on aurait ce désir…
00:15 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note
29.05.2006
Je les entends
A tous ceux, pour qui le plaisir d'écrire à celle ou celui qu'ils aiment, est un geste d'amour.
Je les entends les mots qui naissent dans ma tête et courent vers toi. Je les vois qui chutent de la falaise. Il dégringolent en criant, cul par-dessus tête, tête par-dessus cul. Un à un ils rompent le fil de l'encre et se brisent dans le silence. Ils se fracassent sur le sol de ton absence.
Je les entends les mots que je voudrais murmurer devant toi. Tu les regarderais. Entre ma voix et le bleu de tes yeux, ils devenaient, deviendraient œuvre d’art encore une fois.
Je les entends qui naissent malgré moi. Je leur mets un mors. Je serre les dents. Toutes les brides parviennent à peine à les retenir. Ils s’écoulent ici, comme un ruisseau tari, asséché par l’implacable jour après jour de la vie.
Je les entends. Il n’en reste qu’un filet qui cherche encore le chemin de tes mains.
Jeanne
06:15 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : Ecriture

