« 2008-01 | Page d'accueil
| 2008-03 »
26.02.2008
Dialogue d'une sourde avec un Jour Mal
Dialogue d’une sourde avec un Jour Mal - 26 février 2008
Parfois l’inspiration c’est comme un couleuvre. Il faut rapidement lui attraper la queue avant qu’elle ne s’engouffre dans un trou entre deux Pierre. Jean Anouilh : ‘C’est très joli la vie. Mais cela a un inconvénient, c’est qu’il faut vivre.’ (Extrait d‘Antigone’). Est ce qu’il y a moyen de faire autrement ? A moins d’économiser sa respiration et encore. Ralentir les battements de son cœur ? Je connais des gens qui ont essayé. Ils sont toujours vivants même changer en statues de sel. Pierre Auguste Renoir (1841-1919) « Mettez-vous ça dans la tête : il n’existe qu’un seul indicateur de la valeur d’un tableau : c’est la salle des ventes. » Il se serait bien entendu avec Bill Gates non ? J’aime encore croire que la valeur d’une toile est reliée à l’émotion que l’on ressent lorsque nos yeux s'y posent. Mais je sais bien que … Parfois on aime garder nos illusions. Marcel Pagnol (-1974) (Je réitère : « Tout le monde sait que c’est dans la marine qu’il y a le plus de cocus. » C’est un joli mot français que l’on n’utilise presque pas ici au Québec. Cocu ! Serait-ce qu’il y en a moins ? J’en doute. J’aime m’interroger sur les mots que l’on utilise ou que l’on n’utilise pas. Cocu…une réalité qui « n’existait pas » dans le Québec de la grande noirceur. Même le mot devait être tabou. Enfermées dans les bras de notre sainte mère l’Église, les québécoises enceintes à la vie longue n’avaient pas beaucoup d’occasions. Mais parions que … ‘Si le minaret s’écroule, on pend le barbier.’ (Proverbe arabe) Celle là je l’adore ! Ne serions-nous pas mieux de donner l’architecte en pâture aux crocodiles! Dicton chinois : ‘La boue se durcit au feu, l’or s’y amollit.’ De l’Arabie à la Chine, c’est vrai que la boue en Arabie a tendance à s’enflammer ! L’histoire de l’or est fascinante. Du symbole à la monnaie l’or est partout dans nos vie sans même que nous en soyons conscients dans l’ici maintenant. Changer le plomb en or… les couleurs en toiles, les mots en histoires, le jeu en caresses…Alchimie…
Jean Anouilh, extrait de ‘La répétition‘ : ‘Le monde est plein de midinettes prêtes à adorer les princes quels qu’ils soient.’ … Les princes ne m’intéressent que s’ils ont de l’esprit. J’aime ce mot …midinettes …jeunes filles frivoles de la ville d’une certaine naïveté. En plein midi de la vie, comme une fille de joie. On entend un rire non ? Sonore, clair, il monte vers le soleil. La légèreté associée aux femmes est toujours péjorative. Pourtant…plus je vieillis, plus je m’éloigne du midi, plus je réfléchis et plus je comprends, je sens l’importance de la légèreté. ... ‘Les hommes, c’est comme les chiens, ça mord parce que ça a peur.’ (Extrait de ‘Le directeur de l’Opéra’ de Jean Anouilh) La simplicité de l’âme humaine en fait sa grande complexité. L’amour et la peur. Oui une phrase sans verbe avec un point. L’amour et la peur. L’amour et la peur à égalité, l’un et l’autre pouvant nous transformer, faire de nous plus grand que soi ou plus petit. L’élément fascinant est la capacité à se maquiller de ces deux éléments. La peur qui prend la forme de l’amour, l’amour qui prend la forme de la peur. Les centaines de visages de l’amour et de la peur, comme si dans un kaléidoscope on mettait des pièces de peur et des pièces d’amour. Tourne, tourne, on y verra tour à tour, apparaître colère, joie, peine, jalousie, altruisme, égoïsme, envie, désir….et j’en passe car je n’ai pas fini de jouer avec le mien. «Vous êtes pas tannés de mourir, bande de caves. C’est assez!» Peloquin. Est-ce ici que la couleuvre se mord la queue ? Ne disait-on pas au début de ce texte que « vivre est un inconvénient » !
On pourrait appeler ce jeu "Attraper la citation par les épaules et l'embrasser". Quel sera le jeu numéro 2 ? Karl Jaspers (-1969): ‘L’homme ne prend conscience de son être que dans les situations limites.’ (extrait de son ‘Autobiographie philosophique’). ...
Note aux lecteurs de ce blog : Mon ami virtuel Pierre Gauvin-Evrard dont vous trouverez l'adresse dans la liste de gauche, écrit ce qu'il appelle un Jour Mal (vous pouvez le lire sur son site) Je trouve ses textes très éclectiques et très inspirants. Comme la vie l'a placé sur mon chemin, j'ai décidé de ne pas laisser passer l'inspiration et de me saisir de ce qui m'inspire pour le pervertir (le texte, pas l'ami) . Le jeu ci-dessus a consisté à prendre toutes les citations de son dernier Jour Mal et à les maltraiter à ma façon. Pour le plaisir....
12:25 Publié dans Sorcière à plume | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : création, inspiration, reflexions, expirations, sourire littéraire
15.02.2008
Les émotions virtuelles
17:53 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : émotions, internet, relations virtuelles, amour
14.02.2008
Joies et tristesses des jours de Pierre Blanche
Pierre Blanche a une manie, il marque les jours et fait ainsi souffrir ceux qui ne sont pas dans la "norme". Le système de marchandising dicte les règles de la joie. En ce jour de St Valentin, consommez et il les marque de façon à ce que l'on puisse être contre la vertue. Un jour pour parler d'amour ...! Ainsi les couples dont la relation bat de l'aile se sentent encore plus misérables et ceux qui sont seuls encore plus seuls. Il est important de voir le jeu du marchand derrière la vertue... Pour vous "changer" les idées justement, en ce matin de St-Valentin...
08:25 Publié dans Correspondance | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : St Valentin, amour, pensée, marchandising
J'ai vu
« J’ai cru être au bout de l’aventure mais mon cœur me murmure qu’il y a tant de rêves à vivre encore » Henri Salvador.
07:10 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : henri salvador, st valentin, amour, rêves
12.02.2008
Quand on n'a plus les anges...
Entre Eros et Thanatos les dés sont pipés ! C'est le temps qui gruge, qui gagne, qui use. Quand l'Eros est lumineux est il plus confronté à cette guerre sans espoir ?
De l'ombre vers la lumière elle s'est glissée. D'un monde à l'autre comme sur un fil d'araignée, du sommeil à l'éveil, elle s'est faufilé. Du coin de mon oeil à ma joue glissant sur ma peau, une larme m'a réveillée.
Les anges de mon enfance continuaient la guerre dans cet autre monde qu'on nous promettait. Comme jamais on ne connaissait la fin puisqu'il y avait éternité, jamais on ne pouvait prétendre savoir l'issu du combat.
Maintenant qu'on a perdu les anges ....
07:35 Publié dans Un coeur de sorcière | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : ange, tristesse
09.02.2008
La nuit des 59 lunes
Crédit photo : Pierre Gauvin-Évrard, Montréal le 14 mars 2007. Merci Pierre. Vous pouvez vous emplir les yeux de ses photos sur son site : http://gauvin-evrard.com
Les grands arbres du parc des Braves brillent sous le givre ce matin. Le ciel derrière les branches nues est rose et bleu; c’est un autre matin du monde. J’aime les Ave Maria, le café corsé et la solitude le matin.
Quand je laisse ma pensée en liberté, elle se faufile au travers les notes de musique et je ne sais jamais sur laquelle elle ira se percher. Ce matin, elle s’est posée sur ton épaule.
Je te revois comme si le temps n’existait pas. Mais peut être qu’il n’existe pas. Un soir de brume, une ville inconnue, une femme au centre de sa vie qui marche à la rencontre d’un homme. Qui marche à la rencontre d’une rencontre.
Je peux encore sentir ce parfum particulier de la ville prisonnière de l’humidité. Je n’ai qu’à baisser les paupières pour voir la lumière des néons déformés. J’y suis.
Je marchais le cœur serré de peur de me perdre et de manquer le rendez vous. Je marchais le cœur léger du plaisir anticipé de mettre de la chair autour de ta voix.
Les rues étaient désertes. Il était pourtant tôt. Les gens avaient probablement choisis de rester chez eux bien au chaud. L’humidité traversait les vêtements. C’était un soir lugubre, un soir de loup garou, un soir de sorcière, un soir de joie, un soir de bonheur, ce soir là, comme si la vie s’était concertée pour en faire une pierre blanche, un univers modifié.
Ave Maria, café doux amer sur la langue, je suis l’oiseau de mer qui revient du large. Il se pose sur la feuille et ébroue son plumage.
Je me souviens d’un pas, sonore et étrangement solitaire, derrière moi. Retenir mon souffle comme toutes les femmes de la terre qui marche dans la nuit. Trouver un subterfuge pour détourner la tête et s’assurer de sa sécurité. Je l’ai laissé passer. Puis … je l’ai vraiment regardé.
Manifestement il était sur son chemin. Un pas tranquille dans un monde familier, un pas assuré qui le menait là où il devait.
Je ressens encore le battement manqué de mon cœur quand j’ai compris. Cet homme concentré, cet homme déjà arrivé dans ses pensées au lieu de la rencontre, c’était toi !
C’est le silence qui me fit prendre conscience que j’étais immobile. Là, sur le trottoir, sous les lunes multiples des réverbères dans la brume, je t’avais laissé passer. Tu étais là, tout juste à portée de mes doigts. Je n’aurais eu qu’à tendre la main, qu’à saisir le moment, qu’à, qu’à, qu’à …
Encore une fois mon amour je t’avais manqué. Dieu puisse me le pardonner.
Jeanne
17:00 Publié dans Sorcière à plume | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : rencontre, brume, ave maria, conte moderne
07.02.2008
Liberté ? !
Dans la suite des correspondances à partager
17:15 Publié dans Correspondance | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note | Tags : liberté, correspondance, réflexion
05.02.2008
Présence
Des fragments, déposés ici, et même ailleurs. Des fragments de vie, de réflexion, de sensation, des fragments de pensée, toute une vie fragmentée.
Il y a cette pensée qui étiquette, cette pensée qui nomme, qui analyse. C’est cette pensée qui fragmente la vie.
Puis il y a le silence.
Les notes entre les silences, ou les silences entre les notes qui font la musique ? Le silence entre les fragments, ou les fragments entre les silences qui font ma vie.
Bleu, blanc, rouge…
L’ouverture au monde c’est quand à l’intérieur de moi, il y a le silence. La nécessité du vide pour recevoir tout ce monde extérieur.
Sentir la vie.
Au moins quelques moments.
Taire la pensée.
Laisser passer.
Fenêtre
Sans verre
Silence
Sans le bruit de mes pensées.
Puis je retourne à l’inattention, à l’inconscient, au monde de mes pensées qui m’éloigne de toi, de l’autre, m’emprisonne, m’enferme, me nomme….
La présence….15:40 Publié dans fragments blancs | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : Fragments, silence, présence, attention
04.02.2008
Lecture - L'élégance du hérisson
Je partage des correspondances qui m'enrichissent. Je vais en partager quelques unes avec vous, après les avoir rendues anonymes pour mes amis (es) évidemment (et leur avoir demandé la permission).
Certaines portent sur le plaisir de partager nos feelings de lectures. En voici une :
L’élégance du hérisson Muriel Barbery
Bien sur c’est surement un chef d’œuvre. Bien sur l’histoire est d’une grande beauté. Mais…….il y a un mais.
Je sais que tu aimes les belles histoires comme "Ensemble c’est tout" histoires qui parfois me déçoivent un peu quand elles sont trop miraculeuses. Alors là je suis servie dans ce livre où à la toute fin, .... (je ne peux pas vendre le punch aux lecteurs de ce blog ) ... comme dans la vraie vie ! Bien sur la jeune fille est touchée mais …ca ne rachète pas la fin. Ceci dit c’est une fin qui m’a plu.
D’autres parts…….je t’avoue que j’ai eu de la difficulté à me rendre à la page 100 de ce livre. Si ce n’était de ton enthousiasme je l’aurais fermé définitivement avant. Je t’explique …….
Je ne suis tout simplement pas assez cultivée pour vraiment apprécier ce livre. Je ressens cela aussi quand je lis l’érudit Umberto Eco mais il y a une grande différence.
Passe encore le très français : « soumaintrain » dont on peut déduire que c’est un fromage puisqu’elle l’achète chez le fromager avec le parmesan. Fromage que l’on ne fabrique que dans l’Yonne et que tous les français ne doivent pas connaître (ça je l'ai trouvé dans le dictionnaire). Bien sur un auteur québécois a le droit de parler du kenogami dans un roman, au lecteur de se débrouiller. Mais si le texte est truffé de référence aux Respectables, à Remy Girard, aux films magnifique de Francis Leclerc, (souviens toi - Une jeune fille à la fenêtre) ne perd il pas de son universalité ?
Heureusement quand elle pénètre plus avant dans le cœur des personnages, après l’apparition de M. Ozu, elle cesse un peu de référencer et devient plus proche des sentiments universels. A ce moment là, d’un livre de tête on passe à un livre de cœur.
Ceci dit :
A la page 334 j’ai regretté amèrement de n’avoir pas vu « Black Rain » et d’être ainsi dans l’impossibilité d’imaginer la lumière dans ce restaurant.
A la page 339 je n’ai pas pu résister…j’ai sorti dictionnaire et internet …
« Ça, c’est du Eminem. Je confesse que, au titre de prophète des élites modernes, il m’arrive d’en écouter quand il n’est plus possible d’ignorer que Didon a péri. »
Eminen est un chanteur de rap….mais comment faire le lien avec cette Didon qui a choisit de mourir sur le bucher plutôt que de vivre sans son grand amour Enée ? Je me le demande encore.
Comme tu vois…pour moi…il n’y avait qu’une manière de lire se livre, soit en prenant quelques semaines de congé et en essayant de comprendre les références ou en sautant par dessus pour lire « l’histoire ». Ce que j’ai du me résoudre à faire malheureusement n’ayant plus de vacances disponibles.
J’aimerais avoir la culture pour me permettre d’appréhender un tel livre dans toute sa richesse. Pourtant tu vois, je n’ai pas honte de mon inculture. Je sais qu’elle est toute relative. Cette culture est très belle, simplement, elle n’est pas la mienne. Elle est tellement présente dans ce livre, qu’elle m’a paru comme des indications sur le chemin dont je ne saurais lire la langue. Bien que je savais que j’étais sur le bon chemin, je me suis longuement demandé, tout au long de ma lecture en fait, si le livre aurait été différent si j’avais pu en saisir tous les référents.
Je me suis aussi, sentie un peu stupide tout au long de ma lecture, de ne pas comprendre tant de références dans ce livre. Ce n’est pas une émotion agréable mais on ne peut pas la nier sous prétexte qu’elle ne nous plaît pas.
Tu es à lire Barucco qui est italien et pourtant je ne crois pas que tu ressentiras le moindre inconfort à pénétrer son univers. Barucco m’ouvres les portes de son univers. L’élégance du hérisson même avec beaucoup de bonne volonté, des dictionnaires et internet à portée, m’a laissé sur le palier d’un univers. Un peu plus et il réussissait à réactiver mes complexes de colonisée …comme si le français c’était ce français là. Pourtant il y a longtemps que je sais que le français est une langue vivante et qu’elle est aussi belle sous un ciel d’Afrique que sous celui glacé du Québec. Quant à celui de la France, il a sa propre beauté mais ne possède pas la vérité. Au travers tant d’élégance et de références culturelles on découvre …qu’elle va aux waters !!
« Dis moi Mariko, pourquoi les monts de Kyoto sont-ils violets ?
C’est vrai. On dirait du flan d’azuki. »
Tu sais qu’azuki n’est pas dans le dictionnaire mais internet dit que ce sont des haricots rouges. Alors va pour la référence au violet…mais dommage tout de même pour le dictionnaire du scrabble.
Umberto Eco …est un érudit de haut vol. Chaque fois que je me suis aventurée dans son univers je me suis sentie très inculte mais chaque fois que j’arrive à percer à jour, l’un des référents qui m’est inconnu dans son écriture, je me suis sentie m’approcher de plus de compréhension de l’âme humaine. Dans L’élégance du hérisson, l’âme humaine est bien présente, elle est écrit en claire et peu être comprise autant par une africaine qu’une québécoise, c’est l’univers autour qui est comme une jungle française. Plus ou moins impénétrable …sans l’équipement adéquat.
J’espère que tu ne m’en voudras pas de mon enthousiasme mitigé. Comme je l’ai dit plus haut c’est un chef d’œuvre sans l’ombre d’un doute…..mais …
21:35 Publié dans Sorcière à Lunettes | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : lectures, correspondance, culture





