29.09.2010

La fin d'un temps !!

Voilà c'est ici que s'arrête les Fragments bleus.  Pour la petite histoire, les Fragments bleus sont nés en 2005, d'un besoin de parler du suicide d'un homme qui m'a été précieux. Les mots et le temps ont fait leur oeuvre. Votre présence aussi.

De cette présence est née un plaisir de partager.

Les Fragments bleus s'arrêtent ici mais  Entre matînes et laudes est tout juste né http://motsdumatin.wordpress.com/  !

Dès novembre je serai en sabatique. Le projet consiste à prendre quelques instants à l'aube pour échanger avec ceux qui passent.

En attendant je prépare le nid, la liste de livres à acheter pour traverser l'hiver, les toiles et les fusains ...et l'amitié bien chaude de ceux que j'aime sur mes chemins de cailloux ou sur mes chemins virtuels.

Dans l'espoir de vous y voir : http://motsdumatin.wordpress.com/

Les Fragments bleus vont rester en ligne un certain temps.

23.07.2010

Grand ménage 2

Peut être est-ce les boîtes emplies et vidées ? Peut être est-ce le temps défilé du même mouvement ?  Peut être ?

En fait je ne sais pas ce qui m'a animée. Je sais seulement que je l'ai ressenti comme un grand cri, comme une nécessité. Je sais seulement que ma voix intérieure c'est faite plus forte que la raison.

J'ai parlé à mes patrons que j'adore, j'ai parlé à mon client. J'ai parlé à mes collèques que je guide depuis plusieurs années et que je n'ose jamais appelé mes employés même si eux m'appelent "boss" en riant.

Je m'en vais.

Je m'en vais nulle part.

Je fais ce grand saut dans le vide.

Je prend du temps pour moi à partir de l'automne.

Trois mois, six, un an (ce qui peut être le maximum)...un long pont vide.

Entre ma vie de maintenant et les dix dernières années de boulot de ma vie.

Elles seront faites de quoi ce dix dernières années, ...aucune idée.

Pour l'instant je ferme ce chapitre de ma vie doucement avec joie et avec tristesse car j'ai aimé ce que j'ai fait et j'ai surtout aimé les gens avec qui je l'ai fait.

Mais ...c'est le temps...d'un autre chemin. Je le sais. Je le sens.

Je serai peut être un peu plus présente ici...qui sait ce que je vais faire de ce temps accordé.

12.07.2010

Des roues, de la joie, des larmes et de la musique

Des roues, de la joie, des larmes et de la musique

Il y a des moments dont on se souvient pour l'intensité de la joie partagée, d'autres pour la peine, mais rarement ce mélange des deux déstabilisant que j'ai vécu hier soir. J'étais dans l'espace réservé pour les personnes à mobilité réduite du Festival d'été hier. C'était une première expérience. Dès l'entrée, il y a ici une atmosphère de fête et de tendresse. Il faut dire que Cynthia fait tout pour ça. Cynthia c'est la responsable « technique » de cet espace. Il faut la voir tout au long de la soirée être attentif aux besoins de chacun, un cœur sur deux pattes cette femme.  Mais plus encore, alors que je vois à chaque instant les difficultés de ces vies médicalisées, les deuils faits et à faire, ces gens sont heureux. Durant que j'extrapole sur leur avenir, ils sont à deux pieds, pour ne pas dire à deux ou quatre roues, dans le moment présent.

Ils se saluent, s'embrassent de côté, se touchent, et rient. Ils  rient de tout et de rien, contents d'être là, de se retrouver un beau soir d'été, vivants, sur les Plaines d'Abraham et bien qu'ils soient cernés par la foule quelque chose de particulier se passe entre ces clôtures.

Plusieurs fois, mes yeux se sont embués...de lire leur courage, de constater comment la joie est chevillée au corps de l'humain, du moins tout autant que la peine.

Puis vient la musique.

C'est le moment où toutes les différences s'effacent. Il n'y a plus d'aveugles ou de quadraplégiques, plus de paralysé et surtout plus de mobilité réduite. Tout ce qui bouge, bouge et les notes se faufilent sous la peau de la même manière.  La voix si particulière de Roger Hogdson  nous envahit du ventre à la pointe des cheveux, en passant par le cœur.

J'avais des souvenirs de Supertram, des souvenirs de jeune femme, des souvenirs d'espoir, d'amour a venir ou à vivre. Je garde maintenant pour toujours associé à la voix de Roger Hogdson, l'image d'une jeune et belle aveugle blonde qui danse avec un jeune homme souffrant de paralysie cérébral. L'amour est un maître exigeant.

 

Ps...encore un merci particulier pour Cynthia qui fait un travail extraordinaire.

 

28.06.2010

Grand ménage

J’ai mis dans mes boîtes les livres de ma vie. J’ai mis dans des cartons les noms de mes amis. J’ai mis dans mes boîtes les émotions, les larmes, les rires, des dix dernières années. J’ai mis dans mes boîtes ma vie par pan entier.

Comme on défait un puzzle, j’ai mis des morceaux plus ou moins grands de mon image. Des morceaux reliés par l’amour, la vie, le jour ou la nuit. Des morceaux isolés aussi sur lequel j’ai posé le regard tendre de la nostalgie.

J’ai mis dans des boîtes ma vie publique, ma vie privée, mes grands cris, mes secrets.

Maintenant que tout cela est emballé, j’ai fait le tour. Je pourrais partir sans elles, juste avec mes ailes. Laisser le passé derrière moi. Une nouvelle fois…

Car je l’ai déjà fait, car je l’ai déjà vécu, car je l’ai déjà écrit…
J’ai vécu l’enfance en une dizaine d’années, l’adolescence en deux bouchées. L’âge adulte en comptant sur les doigts de mes enfants et maintenant…

Je vois la vie quelques mois, quelques semaines à la fois. Le temps change.

Comme les spirales qui de l’extérieur vers l’intérieur rétrécissent. J’ai moins de boîtes qu’il y a dix ans. J’ai moins de souvenirs, moins de passé qu’il y a dix ans. Moins de souffrances, moins d’enfances, moins de promesses brisées et encore autant d’avenir, d’à venir.
Rappelez moi dans dix ans quand de nouveau je bouleverserai ma vie que je devrai avoir encore moins d’objets, moins de souvenirs, moins de lourdeur, et tout à venir, tant de secondes à vivre…

18.03.2010

Rien n'empêche

Il y a des matins où ce que l'on nous a appris nous apparaît comme autant de barreaux à la fenêtre de notre liberté.  Non pas cette éducation judéo-chrétienne, non pas ces obligations de normalité, mot trop souvent utilisé comme une règle, non pas le « savoir-vivre », ni même la morale qu'elle soit religieuse ou laïque, non, tout simplement, des matins où l'on réalise ce que le « je sais » a de contraignant. 

Ne pas savoir c'est être libre d'expérimenter. Une toile blanche, une page blanche qui contient toutes les espérances.

Certains matins, je voudrais ne pas avoir d'étiquette, ne pas être « une femme », « une Québécoise », « une amoureuse », « une artiste », « une amie »,....et j'en passe.

Certains matins, je voudrais être.

Je flirte avec la liberté mais jamais cette idylle n'aura lieu. Impossible amour, impossible confiance, plus j'avance, plus je vois tout ce qui m'en sépare, plus j'avance, plus je vois mes propres manques. 

Ni mère, ni  père, encore moins un curé ou un quelconque professeur d'anglais en soutane tant admiré, ce ne sont ni le temps, ni l'espace qui m'aient manqué. Une vie ne sera pas assez. Pas assez pour trouver toutes les clés des portes qui m'enferment. Comme des poupées russes, elles s'emboîtent l'une dans l'autre.

Je voudrais être libre !

Mais être libre ce serait tout d'abord éradiquer la peur. La peur de vivre, peur de l'autre, peur de soi, peur de l'intensité, peur de réussir, peur de fuir.

Mais être libre ce serait éradiquer le désir. Désir de vivre, désir de l'autre, désir de soi, désir d'intensité, désir de réussir, désir de fuir.

Et le temps qui refuse l'arrêt, inexorable juge, le temps bourreau, le temps victime. Le temps qui refuse la complicité. Impossible patience ... 

Je voudrais être tout et son contraire. Être une femme et être un homme, être l'ombre et  la lumière, être chat et chien à la fois, être vieille et jeune à la fois,  être l'autre et moi au même moment, être le regard et la toile, être les mots et la voix qui les découvre.

Rien n'empêche.

Rien n'empêche.

Rien n'empêche.